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 rather than talking. ~ (vikars).

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passe moi un bout du plaid
Sujet: rather than talking. ~ (vikars).   Dim 29 Avr - 19:00


Le club 83 était méconnaissable; métamorphosé pour l’occasion par une équipe de techniciens hors pair. Les ingénieurs du son avaient redoublé d’efforts pour construire en un temps record une scène magistrale, un décor surréaliste répondant aux exigences de la papesse locale de la musique : Astoria. Les changements étaient frappants, impressionnants, aux quatre coins du club on pouvait distinguer un attirail de matériel professionnel, amplificateurs, sonos, instruments, micros. Placardées sur les murs, les affiches colorées promouvant le premier album de la nouvelle star montante du label de la jeune anglaise : un certain Thomas Keryvel, inconnu au bataillon mais suffisamment prometteur pour qu’on lui déroule le tapis rouge en employant de gros moyens. Perchée sur des escarpins incroyablement hauts, Astoria veillait au bon déroulement des préparatifs avec une autorité naturelle. Lars lui trouvait quelque chose de solaire, de quasi-irréel; elle était sans nul doute l’une des femmes les plus élégantes de Trois-Rivières. Il côtoyait régulièrement l’anglaise et était subjugué par son éducation exemplaire, ses bonnes manières, sa conversation et son rire cristallin. Souvent, lorsqu’il était seul, il lui proposait de se joindre à lui pour le déjeuner, tout comme lui, elle appréciait la cuisine asiatique. Ensemble, ils évoquaient les tubes planétaires qui avaient marqué leur jeunesse, elle parlait brièvement de son père, une icône comme il n’en existait plus et il lui promettait d’écrire un article élogieux sur sa maison de disques et son panel d’artistes. Ils partageaient le même gout pour la musique et une curiosité maladive ; qui la poussait à dénicher de nouveaux talents, qui l’intimait de démasquer les secrets les plus enfouis de ses condisciples. Parfois, avant entre le dessert et le café, elle s’approchait précautionneusement de lui et murmurait, au creux de son cou, les rumeurs qu’elle avait entendues et qui étaient susceptibles d’intéresser la rédaction. Lars ne manquait jamais de la remercier pour ses précieuses informations, parfois il lui envoyait des fleurs, du chocolat ou des bouteilles de vin français. Elle lui avait confié, depuis un bon moment déjà, ne pas apprécier la fougue de Janice Roy et ses papiers à charge qui n’avaient qu’un seul but : détruire la vie de gens qui n’avaient rien demandé mais commis quelques erreurs de parcours; des ragots qui ternissaient l’image des riverains et qu’on balançaient noir sur blanc sans imaginer l’impact qu’ils pourraient avoir. Astoria n’avait plus l’âge de s’amuser de ces enfantillages dignes d’une série télévisée pour adolescentes et craignait secrètement que sa vie soit un jour anéantie par un article dégradant du pupclub. En excellents termes avec le redoutable seigneur Castel, elle avait convaincu le propriétaire des lieux de lui laisser la jouissance de la salle le temps d’une soirée. Plongé dans le regard azuréen de la londonienne, il avait acquiescé sans chantage; Astoria était une femme à qui l’on n’osait pas dire non même lorsque l’on s’appelait Stanislas Castel et qu’on avait le monde à ses pieds. Lars avait apporté la panoplie du parfait journaliste, il espérait sortir un article exceptionnel pour l’édition du week-end et tout était réuni pour intrigué son lectorat; soirée privée, nightclub on ne peut plus élitiste, promotion d’un artiste déjà encensé par la critique et en passe de devenir une icône planétaire. Pour l’heure, il sirotait une coupe de champagne en multipliant les compliments et autres flatteries un peu ridicules; Astoria était plus divine que jamais. Elle correspondait parfaitement à l’image qu’il se faisait de la femme idéale et aurait pu convenir à ses projets de stabilité nécessaire à laver son honneur entacher par des petites garces qui n’avaient eu cesse de pointer du doigt son comportement inapproprié. Cependant, malgré sa carrure et son tempérament, il n’avait pas l’audace de briser le coeur à un tel modèle de perfection, il devait se rendre à l’évidence : Astoria était beaucoup trop bien pour lui; elle méritait mieux qu’un journaliste de seconde zone aux penchants décriés, il lui fallait un politicien, un homme de pouvoir ou un médecin réputé, chirurgien talentueux. Elle ne saurait se contenter de moins, se satisfaire d’un brouillon, vivre une histoire imparfaite. Astoria était brillante, richissime, certaine pas une de ces midinettes à qui il pouvait faire tourner la tête, influencer ou faire correspondre à ses chimères. « Demain, vers dix-huit heures ? » Il lui proposait un rendez-vous dès le lendemain afin qu’ils puissent discuter ensemble des prochaines parutions et du projet qui murissait dans sa tête pour l’été et qu’elle avait déjà évoqué un certain nombre de fois; un grand festival sur la très célèbre ile Caron, le repaire du clan Doré. Beaucoup de détails restaient en suspens et il espérait que cet entretien, suivi d’un diner, lui permettrait d’être le premier sur le coup -bien avant la concurrence et notamment cette sorcière de Roy qui était persuadée d’avoir le monopole de l’information depuis qu’un décérébré lui avait décerné un Pulitzer. Astoria accepta l’invitation avec un large sourire et s’éclipsa presque aussitôt dans de plates excuses en direction des coulisses où elle devait encore régler une montagne de choses avant le début du show. Un concert intimiste dans ce haut-lieu de la dépravation et de la débauche où, d’ordinaire des filles nues ondulaient sur les podiums en adressant des baisers espiègles à la clientèle. Il parlait en connaisseur, en habitué des endroits sales rythmant la vie nocturne de Trois-Rivières; au moins deux fois par semaine, il franchissait la porte rouge iconique du 83 et alternait avec son autre quartier général -davantage axé sur le jeu que sur la baise- le Grant. Cependant, à ses yeux le club 83 possédait une qualité introuvable au Grant qui faisait toute la différence : l’absence de Blake Lancaster et de sa folie furieuse et désastreuse. Le monarque n’était d’ailleurs pas très loin, derrière les vitres fumées de son bureau, il semblait converser avec une silhouette gracile et féminine, probablement Moëra qui le suivait comme son ombre. Dans l’intimité, ils semblaient cacher un secret, une montagne de secrets que Lars espérait découvrir tôt ou tard. Stanislas était dans sa ligne de mire depuis des semaines, tout l’intriguait : la réputation du personnage, son histoire familiale, son passif, ses relations complexes avec les femmes et son club très controversé. Peut-être que Vik Nilsen aurait le cran d’affronter le monarque, de mettre les mains dans le cambouis, disséquer son existence au peigne fin. Découvrir avant tout le monde le véritable visage du diable, de l’anti-héros de la saga. Il fallait reconnaitre qu’elle avait la fougue, la trempe et les nerfs suffisamment solides pour foncer tête baissée dans ces terrains escarpés et inconnus où le danger menaçait. Il aurait pu gravir les quelques marches qui le séparait du bureau de seigneur Castel, écouter discrètement à la porte et prendre des notes, mais ce n’était pas le moment; il était là pour la musique uniquement. Dans son costume impeccable taillé, chemise blanche en coton et lin, cravate bleu nuit en soie -le bleu était sa couleur favorite dans une cinquantaine de nuances- il ne fit pas tout de suite attention à la main délicate qui se posait sur son épaule. En premier lieu, il pensait que c’était Astoria qui avait besoin d’aide mais il déchanta en découvrant la blondeur fougueuse de Vik. Le boulot le poursuivait même en dehors de ses horaires de travail -bien qu’en tant que journaliste, les horaires étaient un concept très discutable-, elle devait avoir une urgence pour l’avoir retrouvé ici et il ne pouvait s’empêcher de se demander qui avait osé la laisser entrer. Déformation professionnelle, elle aurait pu s’infiltrer n’importe où, comme un cheveu sur la soupe, l’égratignure sur la dorure. « Mademoiselle Nilsen, encore vous. » Il employait un ton légèrement méprisant sans même s’en rendre compte. « J’ignore ce que vous faites ici, mais je sens poindre la mauvaise nouvelle et ce, à chaque fois que vous êtes dans les parages. » Elle était comme un chat noir, toujours fourbe dans des histoires rocambolesques et inextricables. « Nous allons commencer par prendre un verre. Vous buvez du champagne ? » Il ne lui laissa pas le temps de répondre et attrapa une coupe sur un plateau. « Terminez votre verre, vous me raconterez après pourquoi nous devons absolument retourner au bureau écrire ce fameux papier. » Dans un soupir grave, il se remémorait l’enthousiasme épuisant qui animait Vik en permanence et qui pompait l’énergie de tous les collaborateurs
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Like a bird without a song.
as i walk through the valley of the shadow of death, i take a look at my life and realize there's not much left; coz I've been blastin and laughin so long, that even my mama thinks that my mind is gone ✻ (lars vranken).
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