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 heart beats slow (bars)

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elle est naïve et sucrée
Sujet: heart beats slow (bars)    Sam 12 Mai - 18:35

Heart beats slow⊹ Cinq heure trente du matin. Le soleil n’avait pas eu encore le temps de se lever pour nous accueillir de ses bras protecteurs. Depuis les inondations beaucoup de personnes préférait se réfugier chez eux ne voulant pas se tenter aux bourrasques d’une mère nature indomptable et provocatrice. Ce besoin de sécurité de protéger des choses matérielles qu’on arrive plus à se défaire sous prétexte qu’elles referment les souvenirs les plus précieux le mot d’ordre était d’éviter tous les dégâts. Malgré ses ravages les degrés pointaient le bout de leur nez pour nous débarrasser de toute cette masse de vêtements sous lesquels on se cachait. Un simple pull et un jean était suffisant pour traîner à cette heure-ci les brises de vent qui fouettaient mon visage à la sortie de mon appartement étaient revigorantes. Comme un bain de fraicheur qui nous mettaient tous nos sens en éveil prêts à fournir le meilleur de leurs capacités. J’avais inauguré cette routine depuis quelques mois c’était mon moment privilégié ce genre d’instant où on se retrouve dans un silence complet pour faire le vide à l’intérieur de nous. Ma planche à dessiner je me dirigeais quelques mètres plus loin sur un banc j’aurais pu y graver mon nom car il n’était jamais occupé, comme s’il m’attendait chaque matin et que j’y pose tous les poids qui m’encombraient. J’habitais près du lac qui avaient un peu prit de la hauteur avec les fortes pluies mais qui en demeurait tout autant magnifique. Les bancs étaient installés près d’une piste de course où des dizaines de coureurs prenaient leurs jambes à leur cou comme pour fuir toute réalité. Finalement il n’y avait pas de grandes différences entre eux et moi c’était mon moyen pour moi aussi me libérer. Je n’étais pas faite pour ce monde et je le savais depuis bien trop longtemps ne pouvant pas me résigner à laisser mes proches derrière moi je m’inventais mon propre monde au gré de mes dessins, de mes écrits, de tout ce qui pouvait me passer sous les doigts. Je n’étais pas le genre de personne assez expressive les seules émotions que vous pouviez apercevoir étaient celles qui étaient implantées dans le cerveau d’un enfant de 6 ans. La joie, la colère, la curiosité et l’envie maladive de vouloir toujours tout tester sans ne jamais définir les limites. Je m’asseyais sur le banc observant les alentours il y avait toujours ce couple de sexagénaires qui se tenaient par la main et qui tous les jours observaient le lever du soleil. Pas un bruit à part les chants timides des oiseaux qui eux aussi émergeaient de leur sommeil. Je m’installais au fond du banc avec de la musique qui sifflaient gentiment de mes écouteurs me permettant de me concentrer davantage. Je sortais de ma pochette à dessin, le portrait d’un homme. Toujours le même, celui qui depuis des mois passaient devant moi après la fin de sa course pour s’abreuver d’eau. Une mécanique coutumière il n’y avait pas un jour où il ne passait pas devant moi, pas un jour où il était en avance ou en retard comme une montre qu’on avait réglé pour qu’elle ne puisse jamais aller plus loin ni reculer. Au début mon portrait s’était confondu dans des lignes flous comme ces reflets arborant le lac de Ste Marguerite puis au fur et à mesure mes traits se faisaient plus fin. J’arrivais à voir dans ses yeux un sentiment que je n’avais jamais ressenti jusqu’à présent comme si une mort incertaine lui collait aux trousses. Je laissais mon doigt passer par-dessus mes traits pour atténuer les traits je n’avais dessiné un visage avec des trains si fins mais à la fois si fort. Cet homme était tout et son contraire des traits marqués sur son visage comme s’il avait balayé plusieurs vies en une et à la fois des traits qui finissaient sur des lignes courbées comme s’il baignait de douceur. Il était presque six heure l’heure à laquelle il allait faire son apparition il me restait plus que les contours de ses lèvres pour finir ce portrait que j’avais commencé depuis des mois. Un sentiment de plénitude en moi j’achevais pour la première fois quelque chose de bien réel une entité humaine et non des dessins cherchant les monts et merveilles. Ma playlist s’était arrêtée laissant le silence regagner sa place, on entendait au loin les pas lourds de ce cheval fou qui courrait à tout rompre. Soudain une brise de vent beaucoup plus violente comme un signal nous alertant de l’orage sonnait embarquant avec elle le portrait achevé. Mon cœur rata un battement comme si tout ce temps passé à l’imaginer et à le magnifier était qu’un mirage comme si tout cela n’avait finalement jamais existé. Me levant d’un geste brusque faisant tomber toutes mes autres affaires je courrais contre cette feuille tâchée de mes crayons. Oubliant le monde et ce qui m’entourait je me retrouvais face à lui tenant son portrait. Mes yeux s’écarquillaient je ne savais pas si je devais lui arracher le portrait des mains et m’enfuir ou bien lui laisser. Dans un mince sourire je m’écartais un peu de lui comme un enfant qui avait fait une bêtise et qui ne savait pas quoi dire pour sa défense. Le souffle court j’arrivais tout de même à lui dire « Après tout c’est de vous qu’il s’agit vous pouvez le garder si ça vous plaît ». Tout un tas de questions chevauchaient dans ma tête est-ce que cet inconnu allait me prendre pour une folle ? Est-ce que mon dessin représentait ce qu’il était ou c’était juste ma perception ? Remettant une mèche derrière mes oreilles dévoilant mon tatouageje prenais mon courage à deux mains pour tenter une explication. C’était comme s’il était entré par infraction dans mon monde et que je me retrouvais à présent sans défense. « Ne vous inquiétez pas je ne suis pas une déséquilibrée ». Tout ce qu’il ne fallait pas dire et je le savais dans un rire un peu gêné et cristallin je continuais « Je ne sais vraiment pas quoi vous dire. Je suis sur ce banc tous les matins et au fur à mesure j’ai commencé à dessiner votre portait, j’espère que vous ne m’en voulez pas. » Finissais-je sans avoir la moindre idée à l’homme auquel je m’adressais juste un inconnu qui hantait ma mémoire chaque matin essayant de deviner derrière mes courbes dessinées ses secrets.
©️Grey WIND.

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ta vie en couleur
Il y a un certain point dans la vie où tout paraît plus étroit. Des choix ont été fait, il ne reste plus qu’à continuer. Le temps a passé et j’ai fini par me connaître par cœur, je peux prévoir chacune de mes réactions, ma vie est coulée dans le béton avec airbag et ceinture de sécurité.

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