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garde rapprochée (rosit)
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to infinity and beyond
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★ âge : 31
Mer 6 Juin - 10:36

tu te retournes encore une fois dans ton lit. t'as pas fermé l'oeil. pour changer. t'as accepté que lit vienne à la maison. finalement. t'as accepté un peu à contre coeur dans un sens. parce que tu ne voulais pas imposer tout ça à lit. mais d'un autre côté, t'es rassurée de le savoir tout près de toi. rassurée de savoir qu'il est prêt à te protéger de son frère. son frère qui veut ta mort. mais c'est étrange, en même temps. t'as de la peine à t'y faire. savoir qu'il est là dans la pièce juste à côté. ça te met mal à l'aise finalement. autant que ça te rassure. tu hésites et puis finalement tu te décides à sortir de ton lit. c'est très tôt. t'as congé aujourd'hui, tu pourrais faire la grasse matinée, mais forcément comme tu n'arrives pas à dormir, ça ne sert à rien de rester au lit. tu files dans la cuisine, vêtue d'un petit short et d'un t-shirt tout simple. un t-shirt qui appartenait à lit, en réalité. mais t'y penses plus vraiment. tu le portes naturellement, pour dormir. très souvent. dans la cuisine, tu commences à préparer le café. tu te sors une tasse et tu t'installes sur une chaise. ta tasse encore chaude entre les mains, le regard dans le vide. t'essayes de ne pas faire trop de bruit. tu ne sais pas quand lit va se réveiller. tu veux le laisser dormir. sans doute que lui ne doit pas trop fermer l'oeil, s'il s'inquiète pour toi. ton regard dans le vide, tu sursautes quand tu entends un bruit à côté de toi. ton regard qui se lève sur le sien. lit est déjà réveillé. oh, tu m'as fait peur. déjà debout ? tu demandes, mal à l'aise.

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★ âge : 31
Mer 4 Juil - 23:41

il fallait s'y attendre, tu pensais vaguement, le dos calé dans le canapé de rose, un long canapé parsemé de tout un tas de petits coussins mignons, aux couleurs vives, aux imprimés fleuris. les bras le long du corps, le vague-à-l'âme, tu fixais le plafond depuis ce qui te paraissait comme pouvant être cinq minutes comme deux heures. toute la nuit, des pensées amères étaient venues fleurir ton esprit et l'éloigner de tout repos, qu'il aurait pourtant largement mérité. tu t'imaginais comme la vie aurait pu, peut-être, être un jour si douce avec elle. tu t'imaginais regarder aux quatre coins de cette pièce et découvrir tes affaires, pris dans une fatigue hallucinatoire qui te faisait plonger au coeur d'une réalité parallèle. une chaussure qui traîne par là, que rose aurait observé d'un oeil désapprobateur, parce qu'elle était encore plus maniaque que dans tes souvenirs. une brosse à dent posée sur le rebord de l'évier, la bleue pour toi, c'était ta couleur préférée, rose aurait hurlé qu'au grand jamais on ne la prendrait à acheter une brosse à dent rose, alors elle en aurait choisi une rouge, par provocation, juste pour gueuler un coup. elle te manquait, cette rose sauvage, cette femme téméraire, qui était un jour prête à aller bien plus loin que toi pour contrer le danger.

au coeur de la nuit qui s'enfuyait déjà, tu laissais tes songes te torturer avec la terrifiante pensée que tu n'aurais jamais pu atteindre un tel bonheur ni une telle plénitude. et qu'au bout du compte, cela n'avait rien à voir avec la douloureuse trahison de ta bien-aimée. non lit, tu te murmurais du bout des lèvres, le regard triste, tu n'aurais jamais pu repartir avec le jackpot, la jolie fille et la maison, parce que tu n'étais qu'un petit con de bas étage, un gangster en devenir, tout juste bon à falsifier des permis de conduire et des chèques bancaires, un déchet dans une société que les gens comme elle maintenaient tout juste. un jour prochain, peut-être à l'aube de votre mariage, de la naissance prodigue d'un enfant roi, quelqu'un t'aurait tiré dessus, par jalousie ou simplement parce que c'est ton destin, mourir jeune et tragiquement, dire adieu à ce monde dans le feu et le sang.

tu n'avais pas remarqué les premières lueurs, avant d'entendre dans ton dos les bruissements d'un corps fuselé qui glisse sur le parquet. il devait être si tôt, que tu t'étonnais en premier lieu de savoir rose éveillée : et puis, comme chaque matin depuis ton arrivée, la perspective d'avoir à la regarder dans le blanc tes yeux te collait une joie immense, mais aussi une nervosité sans faille. n'entendant plus de bruit, tu te levais doucement, dans les fringues de la veille, pourquoi se déshabiller lorsque l'on sait qu'on regardera le sommeil de loin, dans un duel à mort ? en quelques pas légers, tu étais à la porte de la cuisine, surprenant une rose dans des rayons matinaux, belle comme un tout nouveau jour, assez pour lâcher un grand retentissement dans ta poitrine, le gong d'un coeur qui se réveille. oh, tu m'as fait peur. déjà debout ? tu n'as d'abord pas bougé, n'osant pas troubler cette scène digne d'une peinture de musée, mais la situation, déjà inconfortable, exige que tu t'assoies doucement en face d'elle pour espérer tenir le coup. désolé, tu marmonnes dans ta barbe, celle, naissance, qui colore légèrement tes jours depuis trois ou quatre jours. j'ai pas vraiment dormi. et toi ? tu glisses, les yeux rivés vers cette nappe qui s'étend comme à l'infini, recouvrant la table qui vous sépare encore, te paraissant l'immensité d'un océan avec, au bout du compte, l'île aux trésors tant espérée.

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★ âge : 31
Lun 9 Juil - 18:03

tu aimerais pouvoir oublier complètement le souvenir de cette histoire avec werner. tu voudrais que ça ne reste qu'un lointain souvenir et que ton esprit n'y pense plus le soir, quand tu tentes en vain de dormir. tu revois la scène encore et encore. tu repenses à ce moment où tu pensais que ta vie se terminait. ce moment où la bombe émettait ce petit bruit et que des confettis en sortait. l'autre matin, tu en retrouvais un dans ton sac, d'ailleurs. comme un message laissé là, par ses soins, pour te rappeler qu'il veille. ça ne t'étonnerait pas le moins du monde que ça fasse partie de son plan, finalement. werner, ce fou. assez malin pour échafauder ses plans au fur et à mesure, pour improviser. sans doute que tu devrais te sentir un peu plus en sécurité en sachant que lit se trouve sur ton canapé à présent. werner aime beaucoup trop ses frères pour prendre le risque qu'il meurt, à tes côtés. tu supposes donc qu'il s'agit de la meilleure défense que tu puisses obtenir en ce moment. et pourtant.. tu ne dors pas pour autant. parce qu'il reste bien trop de choses dans ton esprit pour t'empêcher de fermer les yeux. tes démons du passé qui ne partiront jamais. encore moins à présent que l'un d'entre eux dort à quelques mètres de toi. cette erreur commise à l'époque qui te hantera pour le reste de tes jours. et ça t'embête aujourd'hui de devoir imposer ta présence à lit. tu supposes qu'il fallait que ça se passe ainsi. mais ça ne changeait pas le fait que tu t'en voulais. tu t'en voulais qu'il doive se réveiller chaque matin et poser son regard sur toi. la traîtresse. tu essayais de lui rendre la vie un peu plus facile. de te faire discrète, souvent. pour lui faciliter les choses. mais tu n'y parvenais pas toujours très bien. comme ce matin alors que tu te trouvais dans la cuisine pour faire ton thé. tu ne voulais pas faire de bruit.. mais le voilà dans la cuisine, tout à fait éveillé. tu sursautes. désolée. j'ai pas vraiment dormi. et toi ? tu poses ton regard sur le sien. il ne dort pas lui non plus. t'en reviens pas. vous vous détruisez l'un l'autre finalement. à cause de toi, à la base, tu le sais. tu soupires. je ne dors plus depuis des années. tu te contentes de répondre, en haussant les épaules. une vérité qui fait mal. tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même pour tout ça, tu le sais pertinemment. il reste du café, si tu en veux. tu annonces ensuite gentiment en désignant la cafetière. t'aimes pas cette situation. ça te met mal à l'aise. tu ne sais plus ce qu'il faut dire ou non. tu sais lit, je ne veux rien t'imposer. te sens pas obligé de me parler, si tu ne veux pas. tu lances, comme ça. parce que tu ne veux pas devenir un fardeau.

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★ âge : 31
Ven 24 Aoû - 11:40

deux animaux en cage, dont on ne saurait dire qu'il est le prédateur et qui est la proie. il y a bien longtemps que tu avais abandonné ce genre de rapports avec rose ou même l'idée d'être un tout petit peu menaçant, à la grande incompréhension de la plupart de ton entourage. il fallait cependant voir ton entourage : des pyromanes, des fous à lier, des types plongés dans le déni, des chasseuses de chair humaine... putain, tu réalisais soudain que ta vie collait parfaitement à ces histoires qu'on se raconte entre gamins au coin du feu pour se faire peur, quand, la lampe de poche collée sous le visage même si on y voit rien, on raconte ses pires inventions dans le simple espoir de faire crier les filles. dans ces conditions, écouter l'une ou l'autre de tes connaissances aurait été comme écouter le diable fredonner une chanson d'amour, aussi ton histoire d'amour, tu choisissais seul comment la terminer.

sur son canapé, voilà pour le moment où tu la terminais. à fixer toutes les heures un nouvel objet, une photo accrochée par-ci, un bouquin posé par là. tu remarquais que son environnement de vie se faisait moins intime, moins personnel qu'auparavant. la rose se fanait au fil des jours d'angoisse, c'était évident, c'était même sous ton nez : dans cet appartement ça sentait la fin, la fin de quelque chose, et tu avais l'immense responsabilité de freiner le mécanisme. ou de commencer quelque chose d'autre ? tu refusais d'y penser, même lorsque tu pouvais imaginer avec la précision chirurgicale de tes yeux d'acier les lignes de son corps dénudé dormant dans l'autre pièce. grimaçant à toi-même, tu te rappelais à la parcimonie. 'ce n'est pas le moment, lit...', répétait la petite voix du bien au creux de ton oreille fatiguée, mais en tout état de cause, tu savais que le moment ne serait plus. on ne construit pas d'amour au milieu des décombres, à moins de vouloir se retrouver avec une histoire en ruines.


je ne dors plus depuis des années
, elle laisse échapper dans un soupir qui te mortifie l'âme. ainsi êtes vous chaque nuit, sans le savoir, liés par le plus intime des secrets : celui de la peur de la mort et de l'inconnu, celui d'un lendemain qui arrive trop vite et qui pourrait bien vous avaler. d'un regard, tu sais qu'elle te comprend, d'un simple hochement de tête, tu lui réponds que toi aussi. et pourtant ton esprit ne se retient pas : à toute vitesse, il se demande lui aussi, si elle ne dort pas alors que fait-elle de ces longues heures à fixer l'immensité de la nuit ? il reste du café, si tu en veux, elle te dit en désignant l'autre côté de la cuisine et tu sens blessé. dans l'ombre d'un regard désagréable, tu te lèves jusqu'à la cafetière et t'en sert une pleine tasse, dont tu avales la moitié d'une traite, le café brûlant réveillant tes sens et ton œsophage. rose ne vit pas pour t'avoir près d'elle, voilà ce que tu te dis en fixant le fond noir de ta tasse pour éviter de fixer le noir de ses yeux à elle. elle ne supporte ni ta présence, ni ton aide ; en définitive, elle ne te veut plus, commence à s'emballer ton esprit fatigué. tu sais lit, je ne veux rien t'imposer. te sens pas obligé de me parler, si tu ne veux pas, sa voix essaye pourtant. elle essaye, ta rose sauvage, d'avoir l'air légère et à peine embuée, elle essaye de ne pas mettre de mots sur la gravité qui plombe vos deux coeurs, elle évite le sujet tout en mettant le doigt dessus, là où ça fait mal, elle appuie sur ton égo alors que tu venais la secourir. d'un geste sec, tu poses ta tasse près de l'évier, et relève vers elle un regard dur. déjà que c'est long rose de te regarder vivre sans pouvoir rien faire, donc si on peut même plus causer, on va vraiment se faire chier, tu balances d'une traite, la gorge nouée d'un cocktail de mauvais sentiments.

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★ âge : 31
Mar 28 Aoû - 15:18

il ne dormait pas lui non plus. vous passiez tous les deux, des nuits longues et silencieuses. à quoi il pensait lui pendant toutes ces heures ? tu n'en savais rien. toi tu pensais presque toujours à lui. au mal que tu as pu lui faire.. ton regard qui se pose sur le sien, alors que tu tentes de paraître pour le moins naturelle. mais ça te semble plus possible, en présence de lit. t'es mal à l'aise, en fait. mal à l'aise qu'il fasse tout ça pour toi, pour ta sécurité, pour ta vie, alors que tu n'as fait que pourrir la sienne. t'es ravie de constater qu'il semble en tout cas tenir encore un peu à toi. sinon pourquoi tenterait-il de te sauver de cette façon-là ? s'il s'en fichait de toi, il aurait sans doute pu laisser son frère s'occuper de toi. tes yeux dans les siens, tu parles du café qui est encore chaud et dont il peut se servir une tasse, si l'envie lui prend. puis, tu ne manques pas de dire que la discussion n'est pas obligatoire, s'il n'en ressent pas le besoin. tu ne souhaitais pas dire cela méchamment bien sûr. tu voulais simplement qu'il ne se sente obliger de rien du tout, face à toi. parce que tu ne méritais en rien son attention. mais quand les mots sortent, lui ne semblent pas ravi le moins du monde. la tasse qui atterri avec un coup sec sur l'évier. tu lèves les yeux, lui tourne son regard noir vers toi. déjà que c'est long rose de te regarder vivre sans pouvoir rien faire, donc si on peut même plus causer, on va vraiment se faire chier. qu'il te lance et tu ravales ta salive, difficilement. tu attrapes ta tasse, baisse les yeux et la bois en silence. parce que pour quelques instants tu ne sais que répondre à tout ça. t'as vraiment le sentiment de l'avoir enfermé dans une vie qu'il ne voulait pas. t'as le sentiment qu'il n'a plus le choix, que tu l'as piégé. je.. je disais ça pour toi. je pourrais comprendre que tu ne souhaites pas me parler, c'est tout. tu avoues doucement, ton regard toujours accroché au sien. tu reprends place sur une chaise. tu vas faire quoi aujourd'hui ? tu demandes, comme si lit avait vraiment la possibilité d'avoir un programme. tu sais bien qu'il s'est juré de te suivre, partout..

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★ âge : 31
Mer 29 Aoû - 23:45

ta patience n'a que les limites que ta pauvre petite existence lui accorde. elle se joue de tes yeux cernés et de ton âme rongée par le mal, elle s'insinue dans les plus insignifiants moments de ton existence et puis t'abandonne, d'un coup, au pied de la falaise. ta patience se moque, elle se fout d'être là pour toi ou d'apprendre à te raisonner, elle est perverse comme la plupart des femmes de ta vie. elle t'a visiblement quittée dans la nuit. d'un geste amer tu fais résonner le fond d'une pauvre tasse contre un évier vide. le choc, sourd, fait tourner les yeux caverneux de rose vers toi. elle te mange du regard et tu la longes de regrets : tu voudrais te pencher et embrasser sa petite peau ternie mais rien ne te prédispose à l'amour, en ces temps sombres. déjà son regard s'enfuit et ce sang qui bouillonnait un instant trop tôt s'apaise et se fluidifie. tu respires mieux à la voir te craindre, puis tu te méprises d'avoir de telles pensées. tu ne t'abaisseras jamais au pitoyable niveau de ton frère cadet, à menacer les femmes pour se sentir exister. entre deux doigts habiles tu reprends la tasse de café, essuie discrètement les quelques gouttes qui sont tombées à côté. tu respires l'odeur âpre et chaude d'un breuvage familier et laisse le liquide encore trop brûlant te punir de ton attitude en inondant ta langue trop vite. souffrir, se tromper, faire souffrir, se punir. un résumé -in a nutshell- de ton existence lamentable. je.. je disais ça pour toi. je pourrais comprendre que tu ne souhaites pas me parler, c'est tout. elle dit avec une sincérité désarmante, agaçante, presque fausse même si tu te retiens de lui prêter ce genre de fausses intentions. le manque de sommeil, l'angoisse de la perte et l'incommensurable et destructeur désir que tu ressens commencent à te faire perdre un peu la tête. tu choisis l'exil dans les profondeurs de ton mutisme, fixant avec obstination le mur, ou la fenêtre, ou la chaise vide sur laquelle tu devrais poser ton cul et faire comme si tout allait bien. tu vas faire quoi aujourd'hui ? dit-elle en semblant le regretter presque immédiatement. tu souffles longuement dans ta tasse de café pour étouffer un soupir. tu es désabusé, elle comme toi étant conscient de cette longue chaîne qui vous relie l'un à l'autre. la différence entre rose et toi, c'est qu'elle ne semble pas encore réaliser que vous trainez ce boulet depuis des années : celui d'un amour offert aux flammes, donné en offrande au dieu du bien et de la réalisation, un amour gâché sur l'autel de la bonne conscience. un amour qui ne vaut rien, désormais. préférant, une fois n'est pas coutume, la voix de la sagesse à celle de l'emportement, tu viens doucement te poser sur la chaise d'en face, avec la furieuse envie d'allumer une cigarette entre tes lèvres obstinément fermées. c'est avec cette douce pensée que tu finis par répondre, d'une voix volontairement calme et maîtrisée. ça dépend. tu voudrais prendre un peu l'air aujourd'hui ?

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Mar 4 Sep - 14:52

t'avais sans arrêt le sentiment de faire un faux pas lorsque tu te trouvais en présence de lit. tu prenais le temps de réfléchir à chaque chose que tu allais lui dire pourtant. mais à chaque fois, ça ne fonctionnait pas. à chaque fois, ça n'avait pas le résultat escompté. aujourd'hui, tu cherchais à lui montrer que tu ne voulais surtout pas devenir un fardeau pour lui. tu ne voulais pas qu'il se sente obligé de quoi que ce soit en ta présence. le fait qu'il cherche à tout prix à te sauver était déjà beaucoup trop à tes yeux. beaucoup plus que ce que tu méritais. alors tu ne voulais pas encore lui imposer de devoir tenir une conversation avec toi. mais visiblement, les choses n'étaient pas prises comme tu l'aurais espéré et tu t'en excuses, rapidement. tu ne sais plus ce qu'il convient de faire. alors tu relances la discussion bien trop maladroitement à ton goût. t'aurais mieux fait de réfléchir à ce que tu allais lui demander cette fois-ci. la question était venue naturellement, mais elle n'avait pas le moindre sens. parce que lit passait ses journées à te suivre. à faire ce que tu faisais. sans poser de questions. sans se préoccuper de son propre emploi du temps. et toi tu osais lui demander ce qu'il avait prévu pour la journée. comme s'il avait la possibilité de définir un emploi du temps précis. tu l'as enfermé dans une routine qu'il n'a pas le choix de suivre. tout ça c'est de ta faute. entièrement. ça dépend. tu voudrais prendre un peu l'air aujourd'hui ? qu'il te demande et tu poses ton regard dans le sien. soufflant doucement tu passes une main dans tes cheveux. pourquoi pas.. si tu en as envie. tu commences par dire en secouant la tête. je veux dire, faisons ce que toi tu veux faire aujourd'hui, je t'impose déjà assez de choses comme ça. dis-moi ce qui te plairait de faire et on le fera. tu dis tout à fait sérieuse. avec le sourire en coin. tu comptais bien lui faire plaisir aujourd'hui. du moins essayer. tu lui lançais un regard implorant, te doutant qu'il n'allait pas forcément l'accepter. tu te dépêchais de dire, s'il te plaît lit, j'ai vraiment besoin que tu acceptes cette proposition. pour que tu te sentes un peu mieux. pour que tu ne ressentes plus ce sentiment de tout lui imposer ici.

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Mer 12 Sep - 18:59

rose semblait bien sage à se tenir là droite sur sa chaise, irréprochable et discrète malgré les larges ombres qui détalaient sous ses yeux. tu te demandais si elles t'avaient envahi toi-aussi, ces peintures de guerre, si tes yeux étaient rouges comme les siens, soudain tu te demandais si elle avait pleuré et tu le savais, c'est comme ça que tout partait en vrille. tu te forçais à chasser ces pensées devenues aussi grises que son teint, il faut bien avouer que ta rose avait été plus flamboyante, plus fraîche et bien aussi plus jeune. le temps s'était immiscé entre vous deux comme un fardeau envahissant qui prend le milieu du lit, séparant vos deux corps d'une barrière infranchissable, que tu ne dépassais qu'au coeur de tes rêves les plus profonds pour aller visiter de nouveau les tendres recoins de sa peau. le temps prenait bientôt toute la place, esquintant ta voix d'une toux sèche de celui qui a déjà trop fumé, marquant son visage des premières rides qui capturent la beauté. non, tu n'y croyais pas, rose serait toujours belle et c'est bien là ce qui constituait l'un de tes plus grands malheurs.

oser la regarder dans les yeux, c'était défier ce temps et retrouver derrière ses pupilles amoindries la flamme d'un quelconque autrefois. ça te faisait toujours l'étrange sensation de pendre ton estomac dans le vide, elle n'aurait eu que quelques mots à prononcer rose pour te détruire de nouveau, sauf qu'elle n'en était pas encore consciente. parfois à juste la regarder il te venait un sourire sarcastique de l'homme amoureux par-dessus sa peine. pourquoi pas.. si tu en as envie. elle dit en secouant ses cheveux bruns, ils ont poussé, ça lui va bien. tu tentes de rester concentrer en reportant l'éclat étrange de tes yeux dans le fond, noir, de ta tasse de café. je veux dire, faisons ce que toi tu veux faire aujourd'hui, je t'impose déjà assez de choses comme ça. dis-moi ce qui te plairait de faire et on le fera. tu lèves un oeil curieux, non surpris de cette proposition. à toute vitesse (c'est peut-être bien l'un des seuls domaines dans lequel tu ne prennes ton temps), tu réfléchis aux milliers, non, aux millions de possibilités. tout ce que tu pourrais faire avec elle te paraît soudain immense. en top de la liste, ton coeur balance, entre s'enfuir loin et lui faire un bébé, ou l'abandonner au fond d'un fosse commune, celle d'un pays étranger de préférence. conscient de la dualité embarrassante de tes envies, tu ne dis mot. jusqu'à ce qu'elle insiste d'un regard suppliant, le genre de regard qui t'aurais fait creuser jusqu'au centre de la terre si seulement elle l'avait voulu. ton visage se ferme, regard et coeur d'acier, tu commences par secouer la tête. s'il te plaît lit, j'ai vraiment besoin que tu acceptes cette proposition. dans un long silence tu tournes lentement la tête vers elle. tu vois, à travers sa poitrine -ne pense pas à sa poitrine- et les vêtements, tu vois en elle un petit coeur sincère et fragile, le genre de coeur que l'on tend entre deux mains jointes et que l'on offre tout doucement. ta lèvre inférieure passe avec force contre tes dents, tu mords autant que tu peux, tu ne dois pas craquer. rose, non... tu articules avec difficulté, avant qu'elle ne le fasse. son tour de passe passe, son sortilège, son enchantement, son pouvoir magique, tu n'avais jamais su dire. il y avait un regard, le regard, le seul qui pouvait encore t'avoir. elle laissa traîner ce regard-là et aussitôt, tu sentis monter en toi une violente vague de désir. tu inspirais un grand coup, il ne restait plus que ça. ok. je voudrais... ces mots sonnent comme étranger entre tes lèvres rougies par l'effort. on crève de chaud. j'ai envie d'aller au lac. tu lâches, abruptement.

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Jeu 20 Sep - 17:21

tu lui proposais de choisir le programme de la journée. parce que tu voulais vraiment que quelque chose vienne de lui pour une fois. t'avais besoin qu'il choisisse quelque chose. parce qu'il te suit, depuis un moment. partout. qu'il n'a pas le choix de le faire, pour ta propre sécurité. il ne te servait à rien d'argumenter encore sur la question, lit ne changera pas d'avis sur le sujet. il continuera à te suivre, encore et encore. pour éviter que werner ne fasse exploser sa petite bombe sur toi. comme il te l'avais bien promis lors de tes retrouvailles plutôt désagréables avec lui. tu avais pu même découvrir ses oeuvres. avoir un modèle de l'une de ses bombes sous tes yeux et ça t'avait glacé le sang. hors de question que tu revives ça un jour. c'était donc plutôt rassurant d'avoir lit, près de toi. même si tu t'en voulais grandement de devoir lui imposer ce genre de vie. alors pour te rattraper, tu lui proposais de choisir le programme pour cette journée. au moins ça. tu le suppliais même d'accepter. parce que tu ne voulais pas devoir te battre avec lui pour ça. tu voulais juste passer une bonne journée. pour une fois. ça faisait bien longtemps que ça ne t'était plus arrivé. rose, non... qu'il commence par dire et tu plonges ton regard implorant dans le sien. hors de question qu'il refuse. tu voulais qu'il propose quelque chose. n'importe quoi. mais tu avais besoin de ça, aujourd'hui. ok. je voudrais... qu'il commence par dire et tu souris légèrement, te sentant déjà gagnante sur ce coup. on crève de chaud. j'ai envie d'aller au lac. qu'il finit par te proposer et tu souris un peu plus. excellente idée, allons au lac, ce sera super. tu essayes de dire de la façon la plus enthousiaste possible. même si ça te semblait encore étrange de passer ce genre de moment avec lit. je vais me préparer. que tu annonces finalement et tu files dans ta chambre, enfilant des habits plus appropriés pour ce qui vous attendait et prenant le temps de te laver un peu et de te faire belle, pour une fois. tu crois. plus ou moins. c'est pas franchement réussi. mais c'est toujours mieux que ce que tu fais d'habitude. t'avais envie de faire un effort, pour une fois. tu reviens vite dans le salon. on peut y aller ? que tu lui demandes gentiment, ravie d'avoir des projets pour ta journée.

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