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garde rapprochée (rosit)
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Rose Landry
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Mer 6 Juin - 10:36

tu te retournes encore une fois dans ton lit. t'as pas fermé l'oeil. pour changer. t'as accepté que lit vienne à la maison. finalement. t'as accepté un peu à contre coeur dans un sens. parce que tu ne voulais pas imposer tout ça à lit. mais d'un autre côté, t'es rassurée de le savoir tout près de toi. rassurée de savoir qu'il est prêt à te protéger de son frère. son frère qui veut ta mort. mais c'est étrange, en même temps. t'as de la peine à t'y faire. savoir qu'il est là dans la pièce juste à côté. ça te met mal à l'aise finalement. autant que ça te rassure. tu hésites et puis finalement tu te décides à sortir de ton lit. c'est très tôt. t'as congé aujourd'hui, tu pourrais faire la grasse matinée, mais forcément comme tu n'arrives pas à dormir, ça ne sert à rien de rester au lit. tu files dans la cuisine, vêtue d'un petit short et d'un t-shirt tout simple. un t-shirt qui appartenait à lit, en réalité. mais t'y penses plus vraiment. tu le portes naturellement, pour dormir. très souvent. dans la cuisine, tu commences à préparer le café. tu te sors une tasse et tu t'installes sur une chaise. ta tasse encore chaude entre les mains, le regard dans le vide. t'essayes de ne pas faire trop de bruit. tu ne sais pas quand lit va se réveiller. tu veux le laisser dormir. sans doute que lui ne doit pas trop fermer l'oeil, s'il s'inquiète pour toi. ton regard dans le vide, tu sursautes quand tu entends un bruit à côté de toi. ton regard qui se lève sur le sien. lit est déjà réveillé. oh, tu m'as fait peur. déjà debout ? tu demandes, mal à l'aise.

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Lit Richer
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Mer 4 Juil - 23:41

il fallait s'y attendre, tu pensais vaguement, le dos calé dans le canapé de rose, un long canapé parsemé de tout un tas de petits coussins mignons, aux couleurs vives, aux imprimés fleuris. les bras le long du corps, le vague-à-l'âme, tu fixais le plafond depuis ce qui te paraissait comme pouvant être cinq minutes comme deux heures. toute la nuit, des pensées amères étaient venues fleurir ton esprit et l'éloigner de tout repos, qu'il aurait pourtant largement mérité. tu t'imaginais comme la vie aurait pu, peut-être, être un jour si douce avec elle. tu t'imaginais regarder aux quatre coins de cette pièce et découvrir tes affaires, pris dans une fatigue hallucinatoire qui te faisait plonger au coeur d'une réalité parallèle. une chaussure qui traîne par là, que rose aurait observé d'un oeil désapprobateur, parce qu'elle était encore plus maniaque que dans tes souvenirs. une brosse à dent posée sur le rebord de l'évier, la bleue pour toi, c'était ta couleur préférée, rose aurait hurlé qu'au grand jamais on ne la prendrait à acheter une brosse à dent rose, alors elle en aurait choisi une rouge, par provocation, juste pour gueuler un coup. elle te manquait, cette rose sauvage, cette femme téméraire, qui était un jour prête à aller bien plus loin que toi pour contrer le danger.

au coeur de la nuit qui s'enfuyait déjà, tu laissais tes songes te torturer avec la terrifiante pensée que tu n'aurais jamais pu atteindre un tel bonheur ni une telle plénitude. et qu'au bout du compte, cela n'avait rien à voir avec la douloureuse trahison de ta bien-aimée. non lit, tu te murmurais du bout des lèvres, le regard triste, tu n'aurais jamais pu repartir avec le jackpot, la jolie fille et la maison, parce que tu n'étais qu'un petit con de bas étage, un gangster en devenir, tout juste bon à falsifier des permis de conduire et des chèques bancaires, un déchet dans une société que les gens comme elle maintenaient tout juste. un jour prochain, peut-être à l'aube de votre mariage, de la naissance prodigue d'un enfant roi, quelqu'un t'aurait tiré dessus, par jalousie ou simplement parce que c'est ton destin, mourir jeune et tragiquement, dire adieu à ce monde dans le feu et le sang.

tu n'avais pas remarqué les premières lueurs, avant d'entendre dans ton dos les bruissements d'un corps fuselé qui glisse sur le parquet. il devait être si tôt, que tu t'étonnais en premier lieu de savoir rose éveillée : et puis, comme chaque matin depuis ton arrivée, la perspective d'avoir à la regarder dans le blanc tes yeux te collait une joie immense, mais aussi une nervosité sans faille. n'entendant plus de bruit, tu te levais doucement, dans les fringues de la veille, pourquoi se déshabiller lorsque l'on sait qu'on regardera le sommeil de loin, dans un duel à mort ? en quelques pas légers, tu étais à la porte de la cuisine, surprenant une rose dans des rayons matinaux, belle comme un tout nouveau jour, assez pour lâcher un grand retentissement dans ta poitrine, le gong d'un coeur qui se réveille. oh, tu m'as fait peur. déjà debout ? tu n'as d'abord pas bougé, n'osant pas troubler cette scène digne d'une peinture de musée, mais la situation, déjà inconfortable, exige que tu t'assoies doucement en face d'elle pour espérer tenir le coup. désolé, tu marmonnes dans ta barbe, celle, naissance, qui colore légèrement tes jours depuis trois ou quatre jours. j'ai pas vraiment dormi. et toi ? tu glisses, les yeux rivés vers cette nappe qui s'étend comme à l'infini, recouvrant la table qui vous sépare encore, te paraissant l'immensité d'un océan avec, au bout du compte, l'île aux trésors tant espérée.

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Rose Landry
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Lun 9 Juil - 18:03

tu aimerais pouvoir oublier complètement le souvenir de cette histoire avec werner. tu voudrais que ça ne reste qu'un lointain souvenir et que ton esprit n'y pense plus le soir, quand tu tentes en vain de dormir. tu revois la scène encore et encore. tu repenses à ce moment où tu pensais que ta vie se terminait. ce moment où la bombe émettait ce petit bruit et que des confettis en sortait. l'autre matin, tu en retrouvais un dans ton sac, d'ailleurs. comme un message laissé là, par ses soins, pour te rappeler qu'il veille. ça ne t'étonnerait pas le moins du monde que ça fasse partie de son plan, finalement. werner, ce fou. assez malin pour échafauder ses plans au fur et à mesure, pour improviser. sans doute que tu devrais te sentir un peu plus en sécurité en sachant que lit se trouve sur ton canapé à présent. werner aime beaucoup trop ses frères pour prendre le risque qu'il meurt, à tes côtés. tu supposes donc qu'il s'agit de la meilleure défense que tu puisses obtenir en ce moment. et pourtant.. tu ne dors pas pour autant. parce qu'il reste bien trop de choses dans ton esprit pour t'empêcher de fermer les yeux. tes démons du passé qui ne partiront jamais. encore moins à présent que l'un d'entre eux dort à quelques mètres de toi. cette erreur commise à l'époque qui te hantera pour le reste de tes jours. et ça t'embête aujourd'hui de devoir imposer ta présence à lit. tu supposes qu'il fallait que ça se passe ainsi. mais ça ne changeait pas le fait que tu t'en voulais. tu t'en voulais qu'il doive se réveiller chaque matin et poser son regard sur toi. la traîtresse. tu essayais de lui rendre la vie un peu plus facile. de te faire discrète, souvent. pour lui faciliter les choses. mais tu n'y parvenais pas toujours très bien. comme ce matin alors que tu te trouvais dans la cuisine pour faire ton thé. tu ne voulais pas faire de bruit.. mais le voilà dans la cuisine, tout à fait éveillé. tu sursautes. désolée. j'ai pas vraiment dormi. et toi ? tu poses ton regard sur le sien. il ne dort pas lui non plus. t'en reviens pas. vous vous détruisez l'un l'autre finalement. à cause de toi, à la base, tu le sais. tu soupires. je ne dors plus depuis des années. tu te contentes de répondre, en haussant les épaules. une vérité qui fait mal. tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même pour tout ça, tu le sais pertinemment. il reste du café, si tu en veux. tu annonces ensuite gentiment en désignant la cafetière. t'aimes pas cette situation. ça te met mal à l'aise. tu ne sais plus ce qu'il faut dire ou non. tu sais lit, je ne veux rien t'imposer. te sens pas obligé de me parler, si tu ne veux pas. tu lances, comme ça. parce que tu ne veux pas devenir un fardeau.

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Ven 24 Aoû - 11:40

deux animaux en cage, dont on ne saurait dire qu'il est le prédateur et qui est la proie. il y a bien longtemps que tu avais abandonné ce genre de rapports avec rose ou même l'idée d'être un tout petit peu menaçant, à la grande incompréhension de la plupart de ton entourage. il fallait cependant voir ton entourage : des pyromanes, des fous à lier, des types plongés dans le déni, des chasseuses de chair humaine... putain, tu réalisais soudain que ta vie collait parfaitement à ces histoires qu'on se raconte entre gamins au coin du feu pour se faire peur, quand, la lampe de poche collée sous le visage même si on y voit rien, on raconte ses pires inventions dans le simple espoir de faire crier les filles. dans ces conditions, écouter l'une ou l'autre de tes connaissances aurait été comme écouter le diable fredonner une chanson d'amour, aussi ton histoire d'amour, tu choisissais seul comment la terminer.

sur son canapé, voilà pour le moment où tu la terminais. à fixer toutes les heures un nouvel objet, une photo accrochée par-ci, un bouquin posé par là. tu remarquais que son environnement de vie se faisait moins intime, moins personnel qu'auparavant. la rose se fanait au fil des jours d'angoisse, c'était évident, c'était même sous ton nez : dans cet appartement ça sentait la fin, la fin de quelque chose, et tu avais l'immense responsabilité de freiner le mécanisme. ou de commencer quelque chose d'autre ? tu refusais d'y penser, même lorsque tu pouvais imaginer avec la précision chirurgicale de tes yeux d'acier les lignes de son corps dénudé dormant dans l'autre pièce. grimaçant à toi-même, tu te rappelais à la parcimonie. 'ce n'est pas le moment, lit...', répétait la petite voix du bien au creux de ton oreille fatiguée, mais en tout état de cause, tu savais que le moment ne serait plus. on ne construit pas d'amour au milieu des décombres, à moins de vouloir se retrouver avec une histoire en ruines.


je ne dors plus depuis des années
, elle laisse échapper dans un soupir qui te mortifie l'âme. ainsi êtes vous chaque nuit, sans le savoir, liés par le plus intime des secrets : celui de la peur de la mort et de l'inconnu, celui d'un lendemain qui arrive trop vite et qui pourrait bien vous avaler. d'un regard, tu sais qu'elle te comprend, d'un simple hochement de tête, tu lui réponds que toi aussi. et pourtant ton esprit ne se retient pas : à toute vitesse, il se demande lui aussi, si elle ne dort pas alors que fait-elle de ces longues heures à fixer l'immensité de la nuit ? il reste du café, si tu en veux, elle te dit en désignant l'autre côté de la cuisine et tu sens blessé. dans l'ombre d'un regard désagréable, tu te lèves jusqu'à la cafetière et t'en sert une pleine tasse, dont tu avales la moitié d'une traite, le café brûlant réveillant tes sens et ton œsophage. rose ne vit pas pour t'avoir près d'elle, voilà ce que tu te dis en fixant le fond noir de ta tasse pour éviter de fixer le noir de ses yeux à elle. elle ne supporte ni ta présence, ni ton aide ; en définitive, elle ne te veut plus, commence à s'emballer ton esprit fatigué. tu sais lit, je ne veux rien t'imposer. te sens pas obligé de me parler, si tu ne veux pas, sa voix essaye pourtant. elle essaye, ta rose sauvage, d'avoir l'air légère et à peine embuée, elle essaye de ne pas mettre de mots sur la gravité qui plombe vos deux coeurs, elle évite le sujet tout en mettant le doigt dessus, là où ça fait mal, elle appuie sur ton égo alors que tu venais la secourir. d'un geste sec, tu poses ta tasse près de l'évier, et relève vers elle un regard dur. déjà que c'est long rose de te regarder vivre sans pouvoir rien faire, donc si on peut même plus causer, on va vraiment se faire chier, tu balances d'une traite, la gorge nouée d'un cocktail de mauvais sentiments.

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Rose Landry
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Mar 28 Aoû - 15:18

il ne dormait pas lui non plus. vous passiez tous les deux, des nuits longues et silencieuses. à quoi il pensait lui pendant toutes ces heures ? tu n'en savais rien. toi tu pensais presque toujours à lui. au mal que tu as pu lui faire.. ton regard qui se pose sur le sien, alors que tu tentes de paraître pour le moins naturelle. mais ça te semble plus possible, en présence de lit. t'es mal à l'aise, en fait. mal à l'aise qu'il fasse tout ça pour toi, pour ta sécurité, pour ta vie, alors que tu n'as fait que pourrir la sienne. t'es ravie de constater qu'il semble en tout cas tenir encore un peu à toi. sinon pourquoi tenterait-il de te sauver de cette façon-là ? s'il s'en fichait de toi, il aurait sans doute pu laisser son frère s'occuper de toi. tes yeux dans les siens, tu parles du café qui est encore chaud et dont il peut se servir une tasse, si l'envie lui prend. puis, tu ne manques pas de dire que la discussion n'est pas obligatoire, s'il n'en ressent pas le besoin. tu ne souhaitais pas dire cela méchamment bien sûr. tu voulais simplement qu'il ne se sente obliger de rien du tout, face à toi. parce que tu ne méritais en rien son attention. mais quand les mots sortent, lui ne semblent pas ravi le moins du monde. la tasse qui atterri avec un coup sec sur l'évier. tu lèves les yeux, lui tourne son regard noir vers toi. déjà que c'est long rose de te regarder vivre sans pouvoir rien faire, donc si on peut même plus causer, on va vraiment se faire chier. qu'il te lance et tu ravales ta salive, difficilement. tu attrapes ta tasse, baisse les yeux et la bois en silence. parce que pour quelques instants tu ne sais que répondre à tout ça. t'as vraiment le sentiment de l'avoir enfermé dans une vie qu'il ne voulait pas. t'as le sentiment qu'il n'a plus le choix, que tu l'as piégé. je.. je disais ça pour toi. je pourrais comprendre que tu ne souhaites pas me parler, c'est tout. tu avoues doucement, ton regard toujours accroché au sien. tu reprends place sur une chaise. tu vas faire quoi aujourd'hui ? tu demandes, comme si lit avait vraiment la possibilité d'avoir un programme. tu sais bien qu'il s'est juré de te suivre, partout..

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Mer 29 Aoû - 23:45

ta patience n'a que les limites que ta pauvre petite existence lui accorde. elle se joue de tes yeux cernés et de ton âme rongée par le mal, elle s'insinue dans les plus insignifiants moments de ton existence et puis t'abandonne, d'un coup, au pied de la falaise. ta patience se moque, elle se fout d'être là pour toi ou d'apprendre à te raisonner, elle est perverse comme la plupart des femmes de ta vie. elle t'a visiblement quittée dans la nuit. d'un geste amer tu fais résonner le fond d'une pauvre tasse contre un évier vide. le choc, sourd, fait tourner les yeux caverneux de rose vers toi. elle te mange du regard et tu la longes de regrets : tu voudrais te pencher et embrasser sa petite peau ternie mais rien ne te prédispose à l'amour, en ces temps sombres. déjà son regard s'enfuit et ce sang qui bouillonnait un instant trop tôt s'apaise et se fluidifie. tu respires mieux à la voir te craindre, puis tu te méprises d'avoir de telles pensées. tu ne t'abaisseras jamais au pitoyable niveau de ton frère cadet, à menacer les femmes pour se sentir exister. entre deux doigts habiles tu reprends la tasse de café, essuie discrètement les quelques gouttes qui sont tombées à côté. tu respires l'odeur âpre et chaude d'un breuvage familier et laisse le liquide encore trop brûlant te punir de ton attitude en inondant ta langue trop vite. souffrir, se tromper, faire souffrir, se punir. un résumé -in a nutshell- de ton existence lamentable. je.. je disais ça pour toi. je pourrais comprendre que tu ne souhaites pas me parler, c'est tout. elle dit avec une sincérité désarmante, agaçante, presque fausse même si tu te retiens de lui prêter ce genre de fausses intentions. le manque de sommeil, l'angoisse de la perte et l'incommensurable et destructeur désir que tu ressens commencent à te faire perdre un peu la tête. tu choisis l'exil dans les profondeurs de ton mutisme, fixant avec obstination le mur, ou la fenêtre, ou la chaise vide sur laquelle tu devrais poser ton cul et faire comme si tout allait bien. tu vas faire quoi aujourd'hui ? dit-elle en semblant le regretter presque immédiatement. tu souffles longuement dans ta tasse de café pour étouffer un soupir. tu es désabusé, elle comme toi étant conscient de cette longue chaîne qui vous relie l'un à l'autre. la différence entre rose et toi, c'est qu'elle ne semble pas encore réaliser que vous trainez ce boulet depuis des années : celui d'un amour offert aux flammes, donné en offrande au dieu du bien et de la réalisation, un amour gâché sur l'autel de la bonne conscience. un amour qui ne vaut rien, désormais. préférant, une fois n'est pas coutume, la voix de la sagesse à celle de l'emportement, tu viens doucement te poser sur la chaise d'en face, avec la furieuse envie d'allumer une cigarette entre tes lèvres obstinément fermées. c'est avec cette douce pensée que tu finis par répondre, d'une voix volontairement calme et maîtrisée. ça dépend. tu voudrais prendre un peu l'air aujourd'hui ?

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Rose Landry
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Mar 4 Sep - 14:52

t'avais sans arrêt le sentiment de faire un faux pas lorsque tu te trouvais en présence de lit. tu prenais le temps de réfléchir à chaque chose que tu allais lui dire pourtant. mais à chaque fois, ça ne fonctionnait pas. à chaque fois, ça n'avait pas le résultat escompté. aujourd'hui, tu cherchais à lui montrer que tu ne voulais surtout pas devenir un fardeau pour lui. tu ne voulais pas qu'il se sente obligé de quoi que ce soit en ta présence. le fait qu'il cherche à tout prix à te sauver était déjà beaucoup trop à tes yeux. beaucoup plus que ce que tu méritais. alors tu ne voulais pas encore lui imposer de devoir tenir une conversation avec toi. mais visiblement, les choses n'étaient pas prises comme tu l'aurais espéré et tu t'en excuses, rapidement. tu ne sais plus ce qu'il convient de faire. alors tu relances la discussion bien trop maladroitement à ton goût. t'aurais mieux fait de réfléchir à ce que tu allais lui demander cette fois-ci. la question était venue naturellement, mais elle n'avait pas le moindre sens. parce que lit passait ses journées à te suivre. à faire ce que tu faisais. sans poser de questions. sans se préoccuper de son propre emploi du temps. et toi tu osais lui demander ce qu'il avait prévu pour la journée. comme s'il avait la possibilité de définir un emploi du temps précis. tu l'as enfermé dans une routine qu'il n'a pas le choix de suivre. tout ça c'est de ta faute. entièrement. ça dépend. tu voudrais prendre un peu l'air aujourd'hui ? qu'il te demande et tu poses ton regard dans le sien. soufflant doucement tu passes une main dans tes cheveux. pourquoi pas.. si tu en as envie. tu commences par dire en secouant la tête. je veux dire, faisons ce que toi tu veux faire aujourd'hui, je t'impose déjà assez de choses comme ça. dis-moi ce qui te plairait de faire et on le fera. tu dis tout à fait sérieuse. avec le sourire en coin. tu comptais bien lui faire plaisir aujourd'hui. du moins essayer. tu lui lançais un regard implorant, te doutant qu'il n'allait pas forcément l'accepter. tu te dépêchais de dire, s'il te plaît lit, j'ai vraiment besoin que tu acceptes cette proposition. pour que tu te sentes un peu mieux. pour que tu ne ressentes plus ce sentiment de tout lui imposer ici.

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Mer 12 Sep - 18:59

rose semblait bien sage à se tenir là droite sur sa chaise, irréprochable et discrète malgré les larges ombres qui détalaient sous ses yeux. tu te demandais si elles t'avaient envahi toi-aussi, ces peintures de guerre, si tes yeux étaient rouges comme les siens, soudain tu te demandais si elle avait pleuré et tu le savais, c'est comme ça que tout partait en vrille. tu te forçais à chasser ces pensées devenues aussi grises que son teint, il faut bien avouer que ta rose avait été plus flamboyante, plus fraîche et bien aussi plus jeune. le temps s'était immiscé entre vous deux comme un fardeau envahissant qui prend le milieu du lit, séparant vos deux corps d'une barrière infranchissable, que tu ne dépassais qu'au coeur de tes rêves les plus profonds pour aller visiter de nouveau les tendres recoins de sa peau. le temps prenait bientôt toute la place, esquintant ta voix d'une toux sèche de celui qui a déjà trop fumé, marquant son visage des premières rides qui capturent la beauté. non, tu n'y croyais pas, rose serait toujours belle et c'est bien là ce qui constituait l'un de tes plus grands malheurs.

oser la regarder dans les yeux, c'était défier ce temps et retrouver derrière ses pupilles amoindries la flamme d'un quelconque autrefois. ça te faisait toujours l'étrange sensation de pendre ton estomac dans le vide, elle n'aurait eu que quelques mots à prononcer rose pour te détruire de nouveau, sauf qu'elle n'en était pas encore consciente. parfois à juste la regarder il te venait un sourire sarcastique de l'homme amoureux par-dessus sa peine. pourquoi pas.. si tu en as envie. elle dit en secouant ses cheveux bruns, ils ont poussé, ça lui va bien. tu tentes de rester concentrer en reportant l'éclat étrange de tes yeux dans le fond, noir, de ta tasse de café. je veux dire, faisons ce que toi tu veux faire aujourd'hui, je t'impose déjà assez de choses comme ça. dis-moi ce qui te plairait de faire et on le fera. tu lèves un oeil curieux, non surpris de cette proposition. à toute vitesse (c'est peut-être bien l'un des seuls domaines dans lequel tu ne prennes ton temps), tu réfléchis aux milliers, non, aux millions de possibilités. tout ce que tu pourrais faire avec elle te paraît soudain immense. en top de la liste, ton coeur balance, entre s'enfuir loin et lui faire un bébé, ou l'abandonner au fond d'un fosse commune, celle d'un pays étranger de préférence. conscient de la dualité embarrassante de tes envies, tu ne dis mot. jusqu'à ce qu'elle insiste d'un regard suppliant, le genre de regard qui t'aurais fait creuser jusqu'au centre de la terre si seulement elle l'avait voulu. ton visage se ferme, regard et coeur d'acier, tu commences par secouer la tête. s'il te plaît lit, j'ai vraiment besoin que tu acceptes cette proposition. dans un long silence tu tournes lentement la tête vers elle. tu vois, à travers sa poitrine -ne pense pas à sa poitrine- et les vêtements, tu vois en elle un petit coeur sincère et fragile, le genre de coeur que l'on tend entre deux mains jointes et que l'on offre tout doucement. ta lèvre inférieure passe avec force contre tes dents, tu mords autant que tu peux, tu ne dois pas craquer. rose, non... tu articules avec difficulté, avant qu'elle ne le fasse. son tour de passe passe, son sortilège, son enchantement, son pouvoir magique, tu n'avais jamais su dire. il y avait un regard, le regard, le seul qui pouvait encore t'avoir. elle laissa traîner ce regard-là et aussitôt, tu sentis monter en toi une violente vague de désir. tu inspirais un grand coup, il ne restait plus que ça. ok. je voudrais... ces mots sonnent comme étranger entre tes lèvres rougies par l'effort. on crève de chaud. j'ai envie d'aller au lac. tu lâches, abruptement.

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Jeu 20 Sep - 17:21

tu lui proposais de choisir le programme de la journée. parce que tu voulais vraiment que quelque chose vienne de lui pour une fois. t'avais besoin qu'il choisisse quelque chose. parce qu'il te suit, depuis un moment. partout. qu'il n'a pas le choix de le faire, pour ta propre sécurité. il ne te servait à rien d'argumenter encore sur la question, lit ne changera pas d'avis sur le sujet. il continuera à te suivre, encore et encore. pour éviter que werner ne fasse exploser sa petite bombe sur toi. comme il te l'avais bien promis lors de tes retrouvailles plutôt désagréables avec lui. tu avais pu même découvrir ses oeuvres. avoir un modèle de l'une de ses bombes sous tes yeux et ça t'avait glacé le sang. hors de question que tu revives ça un jour. c'était donc plutôt rassurant d'avoir lit, près de toi. même si tu t'en voulais grandement de devoir lui imposer ce genre de vie. alors pour te rattraper, tu lui proposais de choisir le programme pour cette journée. au moins ça. tu le suppliais même d'accepter. parce que tu ne voulais pas devoir te battre avec lui pour ça. tu voulais juste passer une bonne journée. pour une fois. ça faisait bien longtemps que ça ne t'était plus arrivé. rose, non... qu'il commence par dire et tu plonges ton regard implorant dans le sien. hors de question qu'il refuse. tu voulais qu'il propose quelque chose. n'importe quoi. mais tu avais besoin de ça, aujourd'hui. ok. je voudrais... qu'il commence par dire et tu souris légèrement, te sentant déjà gagnante sur ce coup. on crève de chaud. j'ai envie d'aller au lac. qu'il finit par te proposer et tu souris un peu plus. excellente idée, allons au lac, ce sera super. tu essayes de dire de la façon la plus enthousiaste possible. même si ça te semblait encore étrange de passer ce genre de moment avec lit. je vais me préparer. que tu annonces finalement et tu files dans ta chambre, enfilant des habits plus appropriés pour ce qui vous attendait et prenant le temps de te laver un peu et de te faire belle, pour une fois. tu crois. plus ou moins. c'est pas franchement réussi. mais c'est toujours mieux que ce que tu fais d'habitude. t'avais envie de faire un effort, pour une fois. tu reviens vite dans le salon. on peut y aller ? que tu lui demandes gentiment, ravie d'avoir des projets pour ta journée.

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Mar 16 Oct - 21:32

une parenthèse. d'un gros feutre noir, de ceux dont l'odeur acre et épicée te rappellerait invariablement les parfums de ton âme, tu viens d'écrire sur votre journée une large parenthèse. une pause marquée au fer rouge sur le cul de la peur, à la barbe des angoisses, au nez de ton frère, de sa maudite fiancée et de leurs risibles amours. sans t'en rendre compte ou peut-être justement parce que tu en étais trop conscient, tu venais d'offrir à la perle noire de ta vie un moment de répit. et si tu en avais besoin plus qu'elle ? il te traversait à l'esprit alors que ses yeux s'arrondissent d'un ovale séduisant et plein de surprises. excellente idée, allons au lac, ce sera super. elle lance à l'aveuglette, un sourire trop rapide qui pulse contre ses dents. ça te fatigue immédiatement, cet enthousiasme feint donc elle fait preuve, trop volontaire pour te satisfaire. ton visage se cache derrière l'absence d'expression crédible qui te caractérise. je vais me préparer. elle se lève, soudainement, abandonnant sur un parfum de café et de fruit ta carcasse enracinée. quant à toi, pauvre ère, tu restes aussi solidement collé au sol que tes pieds nus te le permettent, oubliant jusqu'à la possibilité même d'un sursaut d'envie. mollement, tu finis par te lever et rassembler dans un vieux sac quelques affaires qui pourraient tout aussi bien appartenir à jesse qu'à werner, dans la plus pure tradition de ce "vous" qui n'était auparavant qu'un. d'une grimace émaciée, tu te tournes vers elle lorsqu'elle revient dans la pièce. sa grande silhouette brune se tient de tout son long à l'entrée de cet appartement dont tu la dépossède par ta simple présence. il y a des jours où tu te dis que tu es là pour toi et non pour elle. un instant tu la dévisages, sans la moindre retenue ni le tact qu'il te faudrait apprendre. tu vois qu'elle a tressé ses cheveux, peut-être qu'elle porte un peu de maquillage. tu vois qu'elle rayonne sans avoir besoin de prononcer le simple mot et cela te fait fondre dans un sentiment amer. on peut y aller ? elle souffle entre deux lèvres timides. sans un mot tu te lèves, portant à sa connaissance une mine sombre bien qu'habituelle. dans l'entrée tu la dépasses, ton sac froissé au bout du bras. dans l'escalier, tu la devances, ne voulant pas avoir à souffrir des effluves du parfum que tu sais qu'elle a vaporisé au creux de son poignet. d'un geste sur, tu ouvres ta voiture étalée là au soleil sur le trottoir devant chez elle. pendant qu'elle attend devant la porte, tu effectues le contrôle qui fait partie de votre maigre quotidien : un coup d'oeil sous la voiture, sous le capot, un checking des roues. un hochement de tête plus tard, rose est installée sur un siège passager surchauffé, ses longues cuisses découvertes qui te narguent en s'étalant contre le tissu. tu reprends ton souffle en t'allumant, du bout de tes lèvres sèches, une clope bien méritée. le contact enclenché, vous partez dans un souffle chaud en direction du lac.

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Rose Landry
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Jeu 25 Oct - 11:39

c'était un tout nouveau sentiment qui t'envahissait soudainement. tu ne saurais vraiment expliqué quoi. dans ta chambre, tu t'empressais de te préparer pour sortir, avec le sentiment que cela faisait une éternité que ça ne t'étais plus arrivée. tu sortais plus vraiment rose. si ce n'était pour faire tes courses et te rendre au travail. aller voir quelques amis de temps en temps. mais ça se faisait rare. tu t'étais enfermée dans une routine de merde et peut-être qu'enfin tu pourrais en sortir. un tout petit peu. en tout cas, tu pensais que ça pourrait te faire du bien de sortir. même si c'était avec lit. même si c'était tendu et encore étrange, ce qu'il se passait entre vous deux. tu ne savais jamais comment te comporter à ses côtés. tu ne savais pas non plus vraiment comment prendre sa présence constante dans ta vie. tu n'avais jamais imaginé que ça puisse tourner de cette façon-là. tout ça parce que werner t'as fait des menaces. des menaces à ne pas prendre à la légère, certes. mais tu n'en demandais jamais autant de la part de lit. tu le retrouvais finalement, son regard impassible. son comportement toujours aussi étrange alors que vous filiez hors de ton appartement. il prenait les devants et tu le suivais, sans un mot. tu n'osais rien dire, de peur que l'escapade au lac ne se fasse jamais. devant la voiture, tu t'arrêtes et tu attends. parce que tu sais qu'il va faire les contrôles habituels de la voiture. c'était devenu inévitable pour vous. un quotidien qui t'agaçait de plus en plus. t'aurais aimé que tout soit un peu plus simple. finalement, tu t'installais sur le siège passager et tu laissais lit conduire. les yeux rivés sur la route, tu restais silencieuse, pour le moment. réfléchissant à ce qui était en train de se passer. tu allais vraiment faire quelque chose avec lit, c'était loin de tout ce que tu pouvais espérer. impossible de gâcher ça. et t'avais l'impression que tout ce que tu pourrais dire n'allait faire que poser un problème. tu tournais quand même ton visage vers le sien, rivé sur la route, la clope au bec. il n'était certainement pas décidé à parler. tu crois que ça va durer combien de temps, tout ça ? tu veux parler de votre situation. du fait qu'il soit toujours là à tes côtés pour te protéger de werner. il ne pourra pas le faire indéfiniment, si ?

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Mar 13 Nov - 11:29

fenêtres grandes ouvertes comme pour contrer la nuit et les nouveaux jours, vous rouliez à pleine vitesse sur des routes désertées. il semblait que tout le monde était parti en vacances, avant abandonné la ville pour se complaire sous des arbres protecteurs, avait pris un avion pour aller taquiner l'autre bout du monde. il n'y avait plus qu'elle et toi, toi et elle, deux putain d'âmes solitaires réunies en une seule pendant tellement de temps. l'air vous arrivait au visage dans des remous gracieux, tu voyais du coin de l'oeil qu'elle remettait en place quelques-unes de ses mèches brunes, ça te donnait envie d'ouvrir aussi les fenêtres de derrière rien que pour l'espoir que ses cheveux t'atteignent, rien que pour le parfum qu'ils dégageaient en luttant contre le vent chaud. l'amour que tu lui portes déborde de tes pores, tu transpires de désir pour elle, ça en devient insoutenable : ça te tient éveillé la nuit, te coupe l'appétit, t'offre des accès de colère. bref, être à ses côtés te détruit, tant sa présence, sa peau et sa silhouette te rappellent chaque jour ces possibles moments de bonheur partis en fumée.

la fumée de ta clope, légère et virevoltante, flotte un instant près de tes lèvres pour bien vite s'envoler dans l'air doux. un temps comme ça est fait pour l'amour, tu songes, pour les promesses de lendemains meilleurs, pour les projets à deux. tout ce que tu offriras à rose aujourd'hui, tu penses, amer, en tirant sur ta cigarette déjà fatiguée, c'est un peu de répit et l'indubitable air maussade qui te traîne autour des yeux. tu crois que ça va durer combien de temps, tout ça ? elle lâche soudain, sa petite voix effrayée qui s'élève dans l'air. tu loupes un battement, ça ne dure qu'une fraction de secondes, le temps d'un soubresaut sur le volant, d'un battement de cils, le temps d'une décharge d'amour et de tristesse. susceptible, définitivement paranoïaque, tu interprètes la question comme une invitation à décamper. il te traverse soudain l'esprit que rose a une vie, des envies et des amours, et ça te brûle profondément dans la poitrine. sans t'attarder sur sa question, l'esprit qui réfléchit, tu attends d'apercevoir les contours du lac pour te garer sur un parking poussiéreux. c'est là, en plein soleil et l'esprit qui surnage, que tu réponds enfin. le temps que werner se calme ou soit occupé à autre chose. tu tournes un visage chaud et brumeux vers elle. je te dérange tant que ça, rose ? tu souffles à demi-mot, la voix qui déraille presque.

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Lun 26 Nov - 14:54

le trajet qui se faisait en silence au départ. t'aurais sans doute pu le laisser comme ça. t'aurais peut-être dû, même. mais tu choisis quand même de parler. de lui poser une question qui te brûle les lèvres. sur cette situation. sur votre situation. combien de temps encore est-ce qu'il pourrait le supporter ? de rester là, aux côtés de la personne qui l'a détruit ? sans doute pas encore très longtemps. tu crois que toi tu n'en serais peut-être même pas capable en réalité. il doit te haïr. et pourtant, il n'a pas d'autres choix que de rester près de toi dans l'espoir de te protéger. alors tu poses la question, doucement. d'une voix douce et discrète. t'as pas forcément envie d'entendre la réponse. si ça ne tenait qu'à toi, tu voudrais qu'il reste à tes côtés pour l'éternité évidemment. mais ça ne tenait pas qu'à toi, loin de là. et tu n'avais pas envie de lui imposer tout ça encore trop longtemps. la voiture qui se gare dans le parking, près du lac. ton regard qui se pose sur lui alors qu'il te répond, le temps que werner se calme ou soit occupé à autre chose. et ça, c'était difficile à savoir quand ce sera le cas. werner pouvait tout aussi bien ne jamais se calmer, ne jamais passer à autre chose. c'est à son tour de relever son regard vers toi pour ajouter. je te dérange tant que ça, rose ? il a la voix qui déraille et tu comprends que ta question a été mal interprétée. tu secoues rapidement la tête sans le quitter des yeux. non, je.. tu ne me déranges pas du tout. tu souffles, paniquée qu'il puisse s'imaginer ça. je pensais plutôt à toi en fait.. passer ses journées avec la personne qu l'on déteste le plus au monde, ce n'est pas ce qu'il y a de plus joyeux.. tu dis en détournant ton regard du sien à présent. il te déteste, c'est évident. il pourra dire ce qu'il veut, tu ne le croiras pas. parce que lit a toutes les raisons du monde de t'en vouloir et tu l'as vu, lors de vos retrouvailles ici, qu'il n'allais pas te pardonner.

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Sam 15 Déc - 14:25

ses derniers mots te sont restés en travers de la gorge, ça te tord un bout de l'oesophage exactement comme quand on essaye d'avaler une trop grosse gorgée d'eau, et que celle-ci se fraye un passage compliqué entre les limbes d'un système gastrique. la sensation de brûlure reste en général quelques minutes ; tu as l'impression que tu ne pourras jamais t'en défaire. tout en elle te brûle les yeux, la gorge ou le coeur : et si tu fumes autant de clopes dès qu'elle t'approche, c'est comme pour trouver une raison à tes malheurs. la raison elle est là : elle a deux jambes -magnifiques-, deux bras, deux yeux qu'elle darde sur toi. ça te rend tout chose, un peu mou, un peu moite, tu fonds sous la force de ses yeux.

ce qu'elle a dit, tu le digéreras pas, tellement persuadé qu'elle n'attend que ton départ. parfois, tu soupèses le pour et le contre, envisage la fuite, la déresponsabilisation : et puis malgré tout, tu finis toujours par te dire qu'il a y a un peu de ton sang, quelque part dans cette nature belle et hostile, qui lui veut trop de mal pour que tu abandonnes. tu fermes les yeux et espère le retour de cette sensation grisante, celle que tu as lorsque tu sens qu'elle a besoin de toi. plus que tout autre drogue au monde, et dieu sait que le destin t'en a foutu quelques unes entre les mains (merci papa, merci maman), la drogue qui te relie à elle est la plus puissante : plus elle s'accroche et plus tu planes, prenant un malin et destructeur plaisir à savoir que sa vie est entre tes mains.

c'est sans rancune ou presque que tu veux rester auprès d'elle. mais pour l'addiction à l'odeur de sa peau qui flotte dans l'air au petit matin, lorsqu'elle a pris sa douche, ou pour la plénitude de sa voix qui te souhaite bonne nuit. un monde de petits riens, rien que pour vous deux. dans le rétroviseur un peu poussiéreux, tu l'aperçois secouer brusquement son visage doux. non, je.. tu ne me déranges pas du tout. elle dit d'un ton sans équivoque et pourtant ton coeur, après un looping presque raté, semble ne pas y croire. tu as déjà envie d'une nouvelle cigarette, ça te donne de la contenance, mais tu ne le fais pas car secrètement, loin, loin, très très loin au fond de toi, tu crois encore à un avenir avec elle. un grognement sourd obscurcit tes lèvres, en guise de réponse.  je pensais plutôt à toi en fait.. passer ses journées avec la personne qu l'on déteste le plus au monde, ce n'est pas ce qu'il y a de plus joyeux.. tu tournes soudainement deux grands yeux d'acier vers elle. si tes pupilles étaient des scies, rose n'aurait plus de tête à cet instant. il régnerait dans la voiture une odeur de fer et une brillante couleur rouge. tu sens ton sang à toi ne faire qu'un tour, et ses mots heurter tes pores, provoquer en duel ta colère. putain. tu marmonnes d'abord doucement. putain, tu dis un peu plus fort, emporté. tu te fous de ma gueule, rose, tu finis par dire, devant son regard abasourdi, plein d'incompréhension. ton corps s'est avancé, menaçant, et ton bras lui barre le passage, une main qui s'accroche au siège. tu crois vraiment que je perdrais mon temps à jouer les baby-sitter si ce que je ressentais envers toi pouvais se résumer à de la haine ? tu lâches tout un coup, avant de reprendre ton souffle, épuisé par cette phrase trop longue pour toi. regarde-moi, rose, tu complètes alors que ta main d'ordinaire si prude se cale sur son menton pour lever ses yeux vers toi. tu crois encore, après tout ça, que j'ai envie de te détester ?

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Lun 7 Jan - 11:27

tu ne voyais pas d'autres solutions. pas d'autres explications. il était plus qu'évident que lit te détestait. pour ce que tu lui as fait. pour tes erreurs les plus graves. il ne pouvait que te haïr, parce que tu la fais passer pour le méchant alors que tu sais qu'il est loin d'être comme ça. pas avec toi. jamais. pourtant, t'as poussé le monde à croire à ces conneries. tu l'as poussé derrière les barreaux. dans un moment de faiblesse. dans un moment de naïveté pure et dure. parce que t'as cru en ton frère et que t'aurais jamais dû. alors oui, aujourd'hui, tu penses qu'il te déteste. et tu ne comprends pas pourquoi il fait tout ça. t'as de la peine à saisir. parce que tu ne vois pas d'autres issues. t'avais lu la haine dans son regard lorsque vous vous êtes retrouvé ici à trois-rivières. tu pensais que cette haine était encore là, aujourd'hui. alors tu te mettais à ta place et tu imaginais comme ça devait être compliqué de vivre avec une personne qui nous a fait souffrir. putain. tu l'entends à peine avant qu'il redise plus fort, putain, tu te fous de ma gueule rose. tu ne comprends pas. tu le regardes sans bouger sans rien dire. alors qu'il s'avance. qu'il te barre le passage. tu restes droite et silencieuse. tes yeux remplis d'incompréhension planté dans les siens. tu crois vraiment que je perdrais mon temps à jouer les baby-sitter si ce que je ressentais envers toi pouvais se résumer à de la haine ? qu'il te lance, en colère et toi tu n'oses rien répondre pour le coup. tu détournes même le regard. regarde-moi, rose. il ajoute tout en attrapant ton menton pour que vos regards se rencontrent une nouvelle fois. tu crois encore, après tout ça, que j'ai envie de te détester ? qu'il te demande et tu mets quelques instants avant de répondre, je.. je ne sais pas lit. je t'ai fait tellement de mal. tu souffles, ton regard qui cherche à le fuir une nouvelle fois. honteuse de ce que tu as pu faire. tu ne mérites pas qu'il t'accorde encore autant d'importance. je.. je mérite pas tout ça.

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Mar 5 Fév - 17:24

à défaut de pouvoir le dire plus clairement, plus matériellement, de pouvoir la toucher du bout des doigts, lit se rend bien compte que la tension est montée d'un coup dans l'habitacle de cette voiture restée au soleil. les fenêtres ont beau être restées grande ouvertes, une brise fraîche leur fouettant le visage, lit n'a jamais ressenti une telle sensation d’étouffement : tout lui serre la gorge, il se sent asphyxié, de ne pouvoir jamais lui dire à quel point elle lui serre le coeur de chaque regard qu'elle laisse traîner sur lui. il les voit tous, lit : les regards qu'elle lui jette en coin quand, comme aujourd'hui, ils se retrouvent aussi proches que sur deux sièges d'une voiture, à se toiser en silence. les regards qu'elle lui lance à la dérobée lorsqu'ils se croisent dans le couloir de son appartement et qu'ils dévient sagement leur trajectoire pour éviter de se frôler. les regards qu'elle lui adresse parfois derrière sa tasse de café du matin, alors qu'il rentre pour prendre n'importe quoi dans un placard, juste pour l'excuse d'être dans la même pièce qu'elle un instant. rose ne le sait pas, et pourtant cela fait des semaines que lit amasse ces objets dérobés, les associent avec l'enrobé de ses yeux, les contemplent avec besoin, envie et nécessité, avant de les reposer une fois qu'elle a le dos tourné.

tout est devenu prétexte à symbole, tout est devenu partie d'elle. il ramasse les cheveux qui tombent d'elle et atterrissent sur un siège ou une veste, les contemple sans pouvoir se résoudre à les jeter, se remémorant cette sensation physique inimitable qui était celle qui le prenait de court dans la machine rouillée de son coeur, celle qu'il avait lorsqu'il pouvait encore passer sa main entière contre ses longs cheveux bruns. il connaît leur odeur par coeur après plus de sept ans sans les avoir parcouru, il reconnaîtrait le grain de sa peau dans un échantillon d'un million de femmes si seulement on le lui demandait. il parvenait, très lentement et avec toute la douleur que cela engendre, à la conclusion qu'il serait encore prêt à faire n'importe quoi pour elle.

elle ne l'avait sûrement pas remarqué, mais lit avait machinalement verrouillé les portes. avec un peu de souplesse et des réflexes supérieurs à ceux de cet homme redoutable, entraîné et solitaire, rose aurait pu s'échapper par la fenêtre mais il subsistait peu de chances de réussite. il voulait l'enfermer avec lui, forcer son corps au sien, sans jamais parvenir à la toucher, arrêté dans l'empreinte folle de son désir par une force de caractère qui ne se résumait plus qu'à la légère et vacillante flamme d'une conscience. il n'aurait jamais obligé rose à quoi que ce soit, et pourtant toute la présence de son âme emplissait cette voiture, prenait tout l'air disponible et forcer son coeur à venir se présenter, toutes dents dehors, au sien. je.. je ne sais pas lit. je t'ai fait tellement de mal. le bras de lit, qui passe à quelques centimètres de cet incroyable visage hâlé qu'il voudrait voir reproduit à l'infini dans l'incarnation des cinq cents enfants qu'il veut lui faire, est agité de spasmes de nervosité, secoué jusque dans ses muscles profonds par la colère et l'amour. qui pourrait dire à cet instant lequel des deux sentiments l'emportera, alors que rose chuchote en boucle des mots qui ne lui parviennent plus. lit ferme les yeux, il réalise qu'il n'arrive plus à respirer alors il halète, patiemment, calmement, conscient de sa chute. je.. je mérite pas tout ça. elle détourne de nouveau le regard alors que la carrure de lit, concentrée, tendue jusqu'au point de non retour, est déjà à moitié sur elle. son buste est penché vers elle de manière à ce que leurs visages s'alignent dans une ligne imaginaire, il est tordu, contracté, il veut capturer quelque chose d'elle mais il ne sait pas quoi. tais-toi. il sort après quelques secondes de torture, l'oeil droit éveillé par une larme froide, la première depuis des mois. il voit rose entrouvrir les lèvres, hésiter, chercher des mots qui ne peuvent plus la consoler, et il voudrait tant qu'elle comprenne. tout son corps l'encadre, l'encercle, il sent le souffle désemparé de rose qui vient mourir sur ses cils, il ferme une nouvelle fois les paupières et à l'aveugle, comme on retrouve son chemin dans le noir après avoir été aveuglé de lumière, il trouve le chemin de ses lèvres et s'y engouffre, écrasant un soupir contre sa bouche, enfonçant ses doigts dans son menton pour l'attirer à lui, retenant ses envies en otage, égoïste, déterminé, trop détruit pour un retour en arrière.

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Jeu 14 Fév - 18:23

tu ne voyais pas comment il pourrait te pardonner. comment faisait-il déjà pour vivre à tes côtés alors que tu lui as fait tant de mal. c’était impardonnable, ce que tu avais fait. alors pourquoi était-il encore là ? pourquoi continuait-il de te protéger, de t'accompagner partout où tu vas. de vivre avec toi pour t'éviter des ennuis avec ton frère. tu ne méritais pas tout ça. tu ne méritais pas qu'il se montre si clément avec toi, alors que tu l'as foutu derrière les barreaux. délibérément. même si c'était ton frère qui t'avait monté la tête dans tout ça, c'était quand même toi qui avait porté le coup final. toi qui avais choisi de l'écouter lui plutôt que ton coeur qui te criait que lit ne méritait pas tout ça. tu t'es laissée bernée et tu n'avais pas la moindre excuse aujourd'hui. donc pour toi, tu ne méritais vraiment pas tout ça. parce que tu lui as fait du mal. bien trop de mal. tes yeux dans les siens, la distance qui se réduit entre vous. dans cette voiture, déjà trop serrée tu crois. parce que c'était toujours aussi difficile pour toi de supporter cette proximité avec lui. c'était toujours difficile pour toi de devoir accepter que tu ne pourras plus jamais être la même rose à ses yeux. par ta faute, encore une fois. il s'avance. il est presque au-dessus de toi et tes grands yeux le fixes sans comprendre. tais-toi. il ordonne et tu entrouvres tes lèvres. surprise, tu cherches quelque chose à répliquer, mais rien ne vient. tu restes totalement sans voix. tu la remarques immédiatement, la larme qui perle au coin de son oeil. tu le sens, ton coeur qui se brise, ton ventre qui se serre, alors que tu es persuadée de découvrir enfin toute la douleur qu'il a dû éprouver par ta faute. et puis, l'étonnement qui revient alors que ses lèvres viennent se poser sur les tiennes. tu sens ses doigts qui s'enfoncent sous ton menton et ce baiser qui semble bien trop court à tes yeux. tu sens ton corps se relâcher. comme si toutes les tensions que tu pouvais ressentir venait de s'évaporer grâce à ce simple baiser. tu l'attendais depuis bien trop longtemps, il faut croire. tu l'espérais tellement. tu ne veux pas que ça s'arrête et tu fais un mouvement dans sa direction pour poursuivre ce baiser, juste un instant de plus. avant que finalement vos visages s'écartent l'un de l'autre et que tes yeux rencontrent les siens. ta main qui vient doucement se poser sur sa joue dans un geste tendre et délicat. ton pouce qui la caresse. lit, je... mais tu n'arrives plus à parler, tu ne sais pas si t'as encore envie de parler finalement. tes yeux qui se plongent dans les siens alors que c'est un très léger sourire qui s'étire sur tes lèvres. ça faisait longtemps, bien trop longtemps que tu ne t'étais plus sentie ainsi.

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Sam 2 Mar - 1:55

comme depuis les premières secondes de votre éternité, rose rattrape au vol les sentiments éparses de lit pour les concentrer dans un seul et même instant aux parfums de magie. alors qu'il reprend possession de lui-même dans ce baiser qui le transporte au delà des limites propres et fermes du bonheur, lit se revoit nager dans les eaux limpides d'un autre lac, celui qui, en un autre espace temps et peut-être au siècle dernier, avait été le témoin tranquille de leur amourette naissante.

un jour de septembre, lit avait retenu le corps mal réveillé d'une rose fermement dirigée vers le portail du lycée. il avait capturé les creux étranges de ses hanches, avait couvert sa peau dorée d'un baiser de miel et avait roulé à ses côtés sur des heures qui lui avaient paru, avec délectation, des jours entiers. il avait lu un jour dans l'un des livres qui comblaient les journées qu'il avait offert aux quatre murs de sa cellule que la jeunesse allonge le temps des possibles et si aujourd'hui, épris d'un amour dévorant et d'une chaleur tournoyante, il ne parvenait plus à se rappeler l'auteur de ces lignes, il savait qu'il avait en lui la sagesse d'un temps révolu. arrivés à l'orée d'une étendue d'eau limpide et inviolée, lit se rappelait à présent avoir cherché à tout prix à briser le silence : il avait hurlé son bonheur au monde jusqu'à ce que survienne la seule et unique présence à n'avoir jamais réussi à couper les soupirs incessants de son coeur : la présence des lèvres de rose, de son corps qui promettait mille découvertes, de sa peau aux accents de merveille du monde, de ses yeux qui semblaient vous passer sur le corps une langoureuse brise d'été. ce n'était plus l'été et lit, à cet instant, était à mille lieues d'imaginer le destin tragi-comique qui allait bientôt séparer ces deux corps qui s'aimaient trop.

il était arrivé, treize ans plus tard, à désirer retrouver rose comme le condamné à mort désire se repaitre de son dernier repas. il savait dès à présent qu'il ne lui offrait plus les caresses de l'amour dans un objectif de bonheur mutuel mais bien pour se soulager d'une douleur jamais guérie, pour briser de nouveau l'os qui n'avait jamais correctement été réparé. elle posa une main échaudée sur la rugosité de sa joue, sur l'os qui prédominait, lui aussi, les angles de son visage terni par le temps. lit plongea dans l'ourlet de ses yeux qui caressaient non plus sa joue, mais l'ensemble de son âme mise à nu. rose lui offrait la trêve du combattant, le repos du guerrier : elle répondait à la sollicitation d'une pause par l'affirmative qu'il attendait tant. lit, je... elle tente dans un dernier recours, abandonnant au sable qui se lève autour de l'habitacle sa voix éreintée. il voit ce sourire qui se dessine dans les lignes délicates de son visage, il voudrait imprimer sur papier glacé l'expression d'une fierté sourde qu'elle affiche à cet instant, il voudrait même recouvrir la ville du visage de sa bien-aimée, si seulement il était justement sûr de toujours savoir bien l'aimer. viens, il dit là où il aurait pu dire "je t'aime" si seulement il était convaincu que ces mots sont assez forts pour exprimer l'étendue des paysages de son coeur. il s'écarte de son corps qu'il sent immédiatement pris par la frustration. il descend de cette voiture dont il ne regarde même plus la couleur ou les lignes fugaces, il contourne l'objet avec un mépris apparent pour ouvrir sa portière et l'en sortir avec la délicatesse de l'amant nouveau. viens, répète-t-il comme une promesse intime, celle de l'inviter en lui pour la première fois depuis des années, celle de lui ouvrir les portes de son manoir intérieur, celui dans lequel il retranche ses désirs et ses peurs, ses envies et ses pleurs. on va se baigner, il dit avec délectation, laissant chaque mot s'échapper de sa bouche comme une sucrerie, se ravissant de l'air qu'elle arbore désormais. sans plus de concession, lit se dirige vers le lac immaculé. il retire d'abord ses chaussures avec application, puis laisse tomber à ses pieds son pantalon et son t-shirt. laissé là pour presque nu, il plonge dans l'eau fraîche du lac avant d'en ressortir, précédé d'une gerbe d'eau claire, pour jeter à rose un regard qui a tout d'une promesse.

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