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vade retro satana. ∞ edit.
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dream is a wish your heart makes
Eden Monroe
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Mer 6 Juin - 21:02

Les reflets argentés d’une lune ronde et brillante caressent les contours d’un pentagramme inversé soigneusement dessiné sur le sol. Les flammes fragiles de quelques bougies noires oscillent lentement au rythme des flots du vent. Au creux de ses petites mains délicates, le corps inanimé et endormi d’un renard au pelage ardent; les pupilles closes et la fourrure encore chaude, il est parti rejoindre le royaume des défunts sans souffrance, d’une flèche savamment plantée dans son cou. Une plaie d’où le sang s’échappe avec abondance, des perles pourpres qui se meurent à chaque extrémités de l’étoile. Une incantation latine à peine murmurée quitte le seuil de ses lèvres tandis qu’elle dispose le cadavre de l’animal au coeur des cinq plaies du Christ. Encapuchonnée, le visage masqué par une longue cape noire, Eden s’agenouille devant la charogne et imbibe ses mains du liquide raisiné, l’essence de la vie. Dans un imperceptible souffle, elle invoque par la seule force de la pensée, des entités démoniaques susceptibles d’accroitre son pouvoir et de l’aiguiller sur les épreuves qui l’attendent. Le drap anthracite qui recouvre ses os saillants tombe au sol, ne reste qu’une robe d’un blanc virginal symbole d’une pureté sacrifiée sur l’autel de croyances hérétiques. Brusquement, elle jette sur l’animal une poignée de poussière rougeâtre aux vertus prétendument magiques et scande d’incompréhensibles paroles dans un langage réservé à une poignée d’initiés. Dans une transe mystique et les yeux clos, elle se sent happée par des puissances occultes et s’écroule aussitôt sur le sol, comme vidée de toute énergie. Haletante et déçue de ne pas avoir obtenu le résultat escompté, elle comprend que l’échec de son rituel repose uniquement sur l’objet de son sacrifice, trop peu important pour attirer l’attention du Mal. Replaçant soigneusement ses mèches brunes derrière ses oreilles, ses doigts glissent contre sa joue, la teinte d’un rouge violent. Un bruissement sourd résonne à quelques mètres derrière elle, un pas qui s’approche et avance discrètement dans l’ombre de la nuit. Sans tressaillir, elle se redresse avec toute la difficulté du monde et disperse un nuage de poussière rouge sur les bougies qui s’éteignent une à une. « N’approchez pas. » Sa voix, d’une douceur presque touchante reste en suspension un instant, puis disparait dans les limbes du silence. Mieux que personne, elle sait ô combien il est dangereux d’interrompre un rituel magique, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une messe noire aux desseins obscures. Les réfractaires parlent de coïncidences lors de la survenue d’un drame, elle sait qu’il s’agit uniquement de répercussions mortelles. Une silhouette masculine se distingue à travers les feuillages, elle jurerait lire une expression d’horreur sur ses traits. Il ne serait pas le premier, ni le dernier, à ne pas la comprendre, à lui attribuer le vil sobriquet de psychopathe. Dans un mécanisme de défense complexe, elle tend ses bras, face à elle; dévoile ses mains ruisselantes et puise dans les méandres de ses consacrés pouvoirs afin de le tenir à bonne distance. Jamais, depuis son arrivée à Trois-Rivières quelques années plus tôt, elle n’avait croisé quelqu’un s’aventurant en pleine forêt au coeur de la nuit. Mais, elle sait d’instinct qu’il n’est pas un adepte de l’ésotérique ni même un ami qui lui voudrait du bien; elle ressent la vibration des ondes négatives qui émanent de lui, l’appréhension, l’incompréhension et inévitablement, la peur; enfouie sous des épaisseurs de virilité.

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tu ne laisseras point vivre la magicienne. celui qui offre des sacrifices à d'autres dieux qu'à l'Eternel sera voué à l'extermination. ✻ (eden).
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Lit Richer
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Mer 4 Juil - 15:03

il faisait nuit noire sur les épaisseurs hostiles de trois-rivières. hostile, c'est comme ça qu'avait fini par t'apparaître la ville, hostile de nouveau, inhospitalière encore, abondamment alimentée des pires secrets, des trahisons sous-jacentes, des malheurs à venir. il trottait devant tes yeux cernés d'un gris soutenu les images dansantes de corps nus : ces corps, d'abord sains, fermes, charnus, finissaient inévitablement par subir l'assault des flammes, et tu assistais, impuissant, à la fonte des êtres, à leur peau qui lentement s'écrasait, contre le saillant de leurs os, dévoilant ainsi des lambeaux de chair, à vif, rougeoyants, et puis ces cheveux qui s'embrasaient, ça faisait comme de violentes torches de lumières, tu voulais fermer les yeux mais ils étaient déjà clos. le plus étrange, c'est que ces corps, ces femmes -car elle n'étaient que corps tentateurs- dansaient encore, un sourire carnassier planté sur leurs lèvres brûlées, des dents trop blanches qui reflétaient la couleur orangée de la mort et des peaux en combustion. tu voulais hurler, hurler pour arrêter ce ballet horrifique, et c'est en tombant au pied de ton lit que tu y parvins. dans un grognement long et rauque, tu te réveillais, invariablement, seul dans cette cabane qui te semblait désormais constamment épiée de yeux vengeurs.

c'est la forêt qui elle seule pouvait épouser tes craintes. le silence mortifère des arbres était paradoxalement le seul à parvenir à te rassurer, à masquer dans ton esprit agité les rires terrifiants que ces femmes en feu. tu trainais dans ton dos une vieille carabine à peine chargée, mais dont la présence épaisse, tendue, dont le contact froid du canon qui bringuebalait dans ton dos te donnait une sensation d'être en vie. et d'être en mesure de le rester. le port d'une telle arme -le port de n'importe quelle arme- t'étais bien sûr prohibée, toi le reclus de justice, la raclure au destin brisé ; mais tu estimais, philosophe bien que le front encore luisant des efforts de ta lutte, que tu risquais à cette heure-ci de ne croiser âme qui vive.

au détour d'une petite clairière, dans laquelle un arrêt imprompu aurait volonté aidé tes membres fatigués, tu tendais l'oreille, alerte sur un bruit à peine plus insistant qu'un murmure. des chuchotements, oui, comme prononcés par les branches elles-mêmes, une formule lancinante portée par le vent. après quelques pas et puisque le bruit se rapproche et semble t'envelopper, tu décides, sans t'accorder le degré de réflexion nécessaire, d'avancer entre les branches. alors qu'à quelques mètres vacillent les flammes douces, timides de bougies sombres, c'est cette silhouette fantomatique qui attire ton attention. le blanc te dissuade de la croire en feu, ce qui résoud ton palpitant à terminer sa course bien au fond de tes côtes. mais les objets, disséminés partout autour d'elle laissent tes sens en alerte, tes yeux grands ouverts, décodant l'information, appelant à ton instinct comme elle appelait, une seconde plus tôt, des esprits débordants. « N’approchez pas. », explose-t-elle d'une petite voix, une voix si frêle, si étonnamment fragile, la voix d'un être ballotté par les vents, que soudain tu t'apaises. la situation t'apparaît sous un jour nouveau, sous les hospices d'un nuage moins sombre, les traces rougeâtre sur ses paumes deviennent de la boue, peut-être une quelconque mixture : ses yeux pris dans les phares de ton arrivée te prennent maintenant toi, à toute vitesse, et tu stoppes tes pas lourds, arrêtant la course de ton corps meurtri pour la fixer. tu détailles les lignes fines de sa silhouette, elle te semble soumise à toutes les peines, c'est étrange que la dépouille suintante de l'animal à ses pieds ne t'ai pas encore sauté à la gorge. qui êtes vous, tu laisses résonner dans l'obscurité, là où les rayons de lune se frayent un passage entre les épines denses des conifères, là où même les animaux se sont tûs, effrayés du spectacle imposant des deux rois de la forêt.

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Eden Monroe
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Dim 23 Sep - 21:28

Les bras tendus face à l’imposante carrure de l’illustre inconnu; elle tente de le repousser par le seul pouvoir d’une volonté féroce, craignant qu’il blasphème de ses pas profanes son sanctuaire improvisé. Ses mains tachées du sang de l’animal innocent sacrifié sur l’autel de ses croyances hérétiques semblent supporter une lourde et imposante barrière invisible qui menace de s’écrouler à tout moment tant l’énergie dépensée pour la maintenir est écrasante. « Vous... vous ne devriez pas être ici. » A bout de souffle, tétanisée par les efforts déployés, Eden peine à garder l’équilibre et à prononcer des phrases sensées. Sa mise en garde virevolte en direction des rayons lactescents de l’astre lunaire qui diffuse sur son corps décharné une lumière surnaturelle, mais il ne semble pas s’en préoccuper piqué par la curiosité de connaitre l’identité de la prêtresse des forêts. Dans une tentative désespérée et irréfléchie de dissimuler ses méfaits, Eden a brutalement stoppé son rituel, éteignant les bougies à l’aide d’une poudre rouge aux origines troubles, de l’extrait d’essence de santal, reconnue pour ses propriétés protectrices, notamment contre les effets -parfois- dévastateurs des forces occultes. Pourtant, interrompre une telle cérémonie n’est pas sans conséquences et elle peut sentir l’esprit déchainé d’Otis siffler entre les feuillages humides en quête d’une proie susceptible de satisfaire ses desseins; mécontent du sacrifice qu’il lui a été proposé, de cette carcasse ridicule et suintante. Représenté par les ouvrages démoniaques sous les traits d’une horrible vipère aux crocs acérés, il est l’un des grands ducs des Enfers et possède d’immenses pouvoirs divinatoires; capable de détruire le passé et d’altérer le futur. Alerte et focalisée sur ses impressions extrasensorielles, elle surveille les moindres manifestations étranges, paralysée par l’hypothèse de voir un serpent surgir des bosquets alentours. « Posez votre arme, elle ne vous aidera pas. » Au contraire, elle pourrait être considérée comme une offense, une déclaration de guerre. Avec toute la précaution du monde, Eden s’approche en silence du chasseur, pendant un court moment elle hésite à lui révéler sa vraie nature; celle d’une sorcière, adoratrice de Satan et ses disciples mais elle se ravise rapidement consciente que l’on réserve depuis toujours aux femmes de son espèce un sort sinistre : le bûcher. Pourtant, il en a déjà beaucoup trop vu pour repartir à travers les arbres en toute impunité. Délicatement, ses pupilles se ferment et la barrière magique instaurée plus tôt par ses pensées s’effondre et entraine avec elle une bourrasque de vent que nul n’aurait pu prédire au coeur de cette nuit calme. Lentement, elle se saisit du poignet viril du garde-chasse, un contact physique qui l’électrise et s’accompagne d’un cri plaintif. Son index rougi et ensanglanté glisse le long de ses veines apparentes, elle y trace les contours d’une forme indescriptible et sinueuse. « Jubeo malus spiritos partire fugireque. » Une incantation latine prononcée à trois reprises et visant à le protéger des forces encore présentes dans la clairière, de la soif cruelle des armées d’Otis. « Partez maintenant. » Presque implorante, elle lui demande de repartir car elle sait que le rituel ne pourra pas être poursuivi en présence du profane attiré par ce monde nouveau à la hauteur de ses divagations d’enfants. Il s’intéresse particulièrement à l’encre qui recouvre presque entièrement les avant-bras de la sorcière; un méli-mélo de tatouages qui s’enchevêtrent, se croisent, s’heurtent. Un mélange curieux de symboles, de lettres, de chiffres, d’animaux figés qui pourtant semblent se mouvoir, être prêts à attaquer. D’un geste chancelant, elle pivote et tourne le dos à l’indésirable afin de ramasser l’épais grimoire à la couverture de cuir qui repose à proximité du pentacle. L’Ars Goetia n’a aucun secret pour elle, il était l’un des ouvrages de référence au sein de la secte, son livre de chevet pendant des années; bestiaire des démons dont les origines remontent au XVIIème siècle qui décrit avec précision leurs particularités et les rituels nécessaires à leur invocation. Un accessoire indispensable mais qui pourrait avoir de terribles conséquences entre de mauvaises mains.

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Lit Richer
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Mar 16 Oct - 22:02

au sein même du spectacle de la mort qui a fait se précipiter les plus infimes formes de vie dans un tourbillon cauchemardesque, lit ne sent que le poids absurde de sa respiration, lourde et humide, qui s'échappe d'entre ses deux lèvres entrouvertes par la curiosité. la peur ne lui a pas sauté à la gorge sous la forme de cette masse ténébreuse et rubis qui gît à terre : c'est dans un coup d'oeil inconsciemment jeté dans l'air qu'il constate que l'animal est mort et que ses chairs, aussi fraîches que consumées, ont fait l'objet d'une incision et d'une exploitation d'objectif inconnu. avec la précision désintéressée du héros d'un roman noir, lit prend conscience des différents éléments de la scène qu'il tente d'assembler les uns à côté des autres, dans un désir absurde de reconstituer comme le court-métrage de cette nuit noire. les étoiles semblent avoir pris position dans d'autres cieux mais la lune elle lui donne l'impression de s'être dangereusement approchée. elle arbore l'expression d'une longue complainte sifflée, un regard implorant le salut et des lignes, sinueuses et incomplètes, qui se reflètent dans les limbes que porte la femme face à lui. l'effet miroir est saisissant et lit réalises bien à propos qu'elle arbore le visage tourmenté que la lune lui glisse à l'oreille. fascinante créature sortie des bois, elle oscille dans quelques mots qui ne parviennent à lit que sous la forme de bribes. « Vous... vous ne devriez pas être ici. » elle implore avec une force déclinante, presque comme si la vie menaçait de la quitter, aux pieds même de l'animal que tout indique comme mort de ses mains. une odeur étrangère et enivrante arrive aux narines attentives de lit, qui aussitôt ferme les yeux, captivé par ce qu'il ne voit pas ni ne comprend. pour la première fois, lit richer est pris au dépourvu, se sentant comme capturé dans le piège onirique d'un conte de fées. la voix lointaine de l'étrangère aux gestes affûtés lui parvient de nouveau, brumeuse, irréelle. « Posez votre arme, elle ne vous aidera pas. » lit s'exécute sans opposer la moindre des résistances, enivré par la voix mélodieuse et effrontée de cette jeune femme au regard d'animal blessé. le canon de son arme tombe lourdement à terre tandis qu'il écarte ses deux bras devant lui, dans un signe ostentatoire d'attraction, d'apaisement et de compréhension. porté par l'instant, il laisse cette prêtresse étrange s'approcher de lui, avec l'envie secrète qu'elle lui glisse à l'oreille les plus obscures de ses envies. lorsque sa main rentre en contact de son poignet laissé offert, lit laisse échapper un grognement sourd et habité. celui-ci répond, dans un écho morbide, aux mots inintelligibles qu'elle prononce soudain. parcouru d'un long, lent et progressif tremblement, lit s'efforce de bouger le moins possible, retenant à l'intérieur de ses poumons suffocants une respiration qu'il aurait peur qu'elle lui vole. afin d'aiguiser sa concentration, lit plaque son regard clair contre les lignes inhabituelles qui encrent sa peau sombre. ses bras fins sont recouverts d'inscriptions obscures, de témoignages du passé. il y décèle des symboles qu'il croit reconnaître, le coeur battant à tout rompre, surpris d'y retrouver quelque chose de lui. tout à coup le contact se rompt, laissant un lit à l'abandon dans l'obscurité grandissante. « Partez maintenant. » un vent soudainement levé fouette son visage et les quelques mèches brunes qui y gagnaient du terrain. pour une raison qu'il ignore totalement, il est parfaitement incapable de détacher son regard de l'être surnaturel qui vient de l'enchanter. il veut tenter un pas, son pied écrase ce qu'il reconnait comme un branchage craquant et aussitôt ses deux yeux le transpercent. là où elle l'implorait hier, aujourd'hui elle ordonne ; mais lit semble trop fasciné pour écouter. il s'avance de nouveau jusqu''à ressentir les sursauts éparses de son palpitant désobéissant. il inspire à plein poumons un air vicié de sa présence. qui êtes-vous ? il répète d'une voix caressante,ses deux doigts qui voudraient se tendre vers sa peau, mais se retiennent au dernier moment.

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Eden Monroe
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Ven 15 Fév - 23:27


Les broussailles alentours frémissent sous l’effet d’une brise ensorcelée lorsque l’arme tombe lourdement dans le sol boueux de la clairière. Sans résistance, il laisse guider dans ce monde mystique dont il ne sait rien, envouté par l’aura d’Eden, prêt à la suivre jusqu’aux tréfonds de l’Enfer. Elle possède cette -petite chose en plus-, un supplément d’âme qui électrise l’assemblée, parvient à convaincre les plus réfractaires que ses paroles et ses actes sont sensés, dotés d’une imparable logique. Pourtant, beaucoup s’empresseraient de faire le signe de croix face à un spectacle aussi déroutant; scène sacrificielle digne des faits divers les plus troublants. L’animal ensanglanté git sur une pierre grise, l’autel du démon invoqué péniblement. Eden détourne un instant son attention du chasseur pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être, ne pas s’attirer les foudres des forces maléfiques, limiter les dégâts de son sacrifice ridicule et insultant. Les yeux clos, elle puise au fond de sa mémoire, dans les souvenirs d’un passé tortueux, la possibilité d’une solution viable. Le craquement inattendu d’une branche freine sa concentration. Il est encore là. Dans l’ombre. Persuadé d’être en capacité d’affronter les dangers qui s’annoncent, mais il n’est pas armé contre le surnaturel et les ténèbres. Piqué par une curiosité déplacé, il ose demander à la magicienne qui elle est. Une question imprécise, probablement trop large pour qu’elle y apporte une réponse concrète. Eden n’est personne. Elle est née sans prénom, sans nom, un jour inconnu, au sein d’une secte sur les rives du Mississippi. Le souffle coupé lorsqu’il approche, le désarroi qui s’empare de ses pupilles mordorées, incapable de prononcer la moindre parole. « Mon destin est lié aux forces obscures. » Un murmure qui glisse lentement tandis qu’elle recule d’un pas. Elle ne veut pas établir de contact physique avec lui, car elle connait les sensations pénibles qui naissent en elle lorsqu’un tel événement se produit. Des images qui se surpassent, des flashs annonciateurs de catastrophes; quelques instants plus tôt lorsqu’elle gravait sur son avant-bras des symboles magiques, il y avait des flammes dévastatrices. Tout autour de lui, des incendies et des cris, des oiseaux noirs, ceux qui trahissent, qui mentent et qui blessent. Le visage à peine éclairé par un halo lunaire, elle décide de lui faire quelques révélations afin de provoquer sa fuite -au plus vite. « Il y a un incendie qui cherche à vous consumer, qui s’approche, ce sera trop tard pour l’éteindre après l’alliance de vos ennemis. » Pourtant, elle pourrait l’aider, lui donner les cartes pour avancer et les armes pour affronter les épreuves, voir à travers les nuages de fumée. « Aidez-moi et j’en ferai de même. » Elle se souvient subitement que le sacrifice humain est le plus apprécié des forces lucifériennes. Quelques gouttes de sang encore chaud, donner pour recevoir et accepter d’en payer le prix pendant plusieurs semaines. Les cauchemars, les terreurs nocturnes, la quête d’un pouvoir plus grand qui nécessite de laisser entrer dans son intimité des puissances maléfiques. La lame brillante d’un couteau surgit entre ses petites mains tremblantes et lactescentes. « Juste neuf gouttes. » Chiffre rituel, symbole d’éternité, directement lié aux divinités de la nuit. « Je pourrais vous délivrer du mal. » Précautionneusement, elle pose une main tendre et froide sur sa joue mal rasée, cherche à l’apaiser un instant, éloigner les démons qui le hantent et les maux qui rongent son âme, son esprit et très certainement son coeur. Un voile sombre parait l’entourer, entraver chacun de ses actes et le repousser inlassablement vers un inavouable passé. Déjà, elle sélectionne mentalement les plantes susceptibles de le rendre plus alerte, vigilant et clairvoyant, Eden peut guérir, soigner ou s’il le désire détruire.

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Dim 3 Mar - 1:43

l'absurde de la scène rendrait presque l'instant que les deux protagonistes assombris sont en train de vivre plus supportable, presque vivable et même, si cela était seulement possible, presque doux. oui, il y avait de la douceur dans les mots murmurés pour l'infini qui semblaient couler de ses lèvres entrouvertes. elle était loin et proche, en lui comme en dehors et il sembla rapidement, bien trop rapidement, qu'elle était capable de s'adresser au plus lointains secrets de lit, de ceux qu'il avait toujours tenté de dissimuler derrière des silences ou des absences aussi bien que derrière la lourde porte de son cabanon des bois. si le corps de lit savait à cet instant ne pas être loin, à vol d'oiseau, de son domicile, son esprit lui était transporté dans l'univers parallèle de sa conscience, à présent éveillée par la présence surnaturelle de cet ange noir.

lit aurait voulu parler, rationaliser l'évènement tout autant qu'il aurait voulu capturer ses prunelles sombres et en sortir tous les mystères : comme l'animal qu'elle avait elle-même capturé, il aurait été capable à cet instant d'ouvrir grand une cage dorée et de l'y enfermer pour avoir tout le loisir d'observer sa danse maléfique pour le restant de ses jours. ce besoin amer et intense de possession était apparu progressivement, comme un poison qui se répandrait dans ses veines, depuis qu'une fleur chargée d'épines l'avait elle dépossédé de son âme. c'était tout comme si rose, en lui volant plusieurs années de sa vie, lui avait insufflé l'envie d'en voler d'autres à son tour et, si cela était possible, voler celles qui lui semblaient les plus fascinantes et les plus noires.

il brûlait de connaître son nom comme il lui était rarement arrivé d'attendre quelque chose : mais petit à petit naissait dans ses entrailles la crainte sourde, la douleur anticipée de découvrir, avec son identité, la morne banalité de son existence. des destins troublés, brisés, abîmés, lit ne connaissait que ça : il avait l'histoire de ses parents comme exemple parfait, sorte de leitmotiv de la misère et de la honte, et il n'avait depuis jamais eu peur de se confronter au mal ni au malheur. plus que de s'y confronter, lit se nourrissait de tout ce qui pouvait l'effrayer, il avait peur d'un jour se réveiller et n'être plus capable de rien craindre.

est-ce qu'il craignait cette silhouette qui s'avançait vers lui dans la pénombre ? était-il en mesure de ressentir ce vent froid qu'elle soulevait à chaque pas, déplaçant feuilles mortes et formes de vie avec une délicatesse qui aurait fait penser à celle d'un mage de la forêt, véritable druide féminisé ? lit n'avait jamais cru à rien d'autre qu'à son instinct de fer, qui découpait chacune de ses expériences au millimètre près. il s'apprêtait, à l'occasion de cette nuit qui marquerait sans doute le reste de ses existence, à remettre en question la plupart de ses certitudes accumulées. « Mon destin est lié aux forces obscures. » elle laisse échapper alors qu'au loin, l'oeil de lit perçoit le bruissement d'un oiseau qui s'envole, du corbeau noir qui, déçu de la tournure des évènements, préfère chercher le malheur ailleurs. l'homme semblait d'abord ne réagir à aucun des mots qu'elle venait de prononcer. elle parlait avec dans la voix l'assurance d'un siècle de vie, la présence d'une forme tutélaire similaire aux arbres vénérables qui les entouraient. cela suffisait amplement à apaiser le coeur de lit, à faire taire toutes les questions qui tentaient, minute après minute, de percer la carapace.

« Il y a un incendie qui cherche à vous consumer, qui s’approche, ce sera trop tard pour l’éteindre après l’alliance de vos ennemis. »
. le tableau qui se peint devant ses yeux est lunaire, presque comme sorti d'un film de science fiction : il y a le noir qui se penche sur eux, recouvrant le fond de ses yeux ; il y a le blanc aussi, épars, poudreux, on le dirait tombé du ciel ; il y a le rouge qui peu à peu s'efface de son champ de vision et enfin, il y a le jaune des feux qu'elle allume, sur le sol de cette forêt comme dans son être. elle le touche directement là où il espérait être touché, lit, et il réprime un sourire satisfait alors qu'elle prononce ces mots. il mène une main contre sa poitrine, ressent contre sa paume la chaleur qui lui indiquerait que ces flammes existent bel et bien. « Aidez-moi et j’en ferai de même. ». il la regarde sans comprendre alors qu'elle s'abandonne de nouveau aux sombres tourments de son être : elle est délicieuse de torture et de métaphores, elle garde tout pour mieux le pousser à prendre, demander, quémander, supplier : lit ouvre donc l'oeil, surpris, charmé voire même conquis, il n'attend que de savoir l'aide qu'il pourra, lui, simple mortel en ce monde surchargé, lui apporter. « Juste neuf gouttes. » dit-elle en portant à ses yeux la lames, nette et incisive, d'un petit couteau argenté. le manche de l'objet est-lui même recouvert de symboles indéchiffrables que lit se surprend à tenter de déchiffrer. captant l'impatience qui perle au bord de ses lèvres closes, vivant avec elle l'urgence qu'elle tente de lui insuffler, lit revient à la vie lorsqu'avec prudence, elle pose sur sa joue une main bien vivante.

il lui apparaît alors, dans un éclair de vie, tous les regrets qui composent son passé, et qui, mis bout à bout, déroulent la pellicule infernale de sa vie : le regret d'une famille, le regret d'un rejet, le regret d'un amour perdu et le regret du départ... tous se fondent dans une seule et même peur et, l'espace de quelques secondes, le regard qu'il lui porte s'affole, les souffrances lui semblent si lourdes à porter qui s'affaisse, légèrement, sur ses jambes arquées. et puis vient un nouveau souffle de vie, il reprend ses esprits dans la lumière douce qui émane de la peau de la jeune femme, il respire le parfum brûlé de ses cheveux noirs et reprend la confiance qu'il lui manquait. lentement et sans heurts, il traverse l'air et vient poser sa main contre la sienne, contact fugace, langoureux : il la retire, la garde un instant puis, lâchant son emprise, laisse son propre poignet à l'évidence de la lumière lunaire : il attend, le regard impassible aussi bien qu'apaisé, qu'elle accède à son désir et qu'elle le délivre dans un seul et même geste salvateur.

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Jeu 4 Avr - 0:58

Plus qu’une empathie exacerbée, Eden possédait un don irréel, un sixième sens qui lui permettait de sonder les âmes. Kaléidoscope de morceaux d’existences volées qui se dessinaient dans les méandres de son esprit et qu’elle interprétaient de façon personnelle, se fiant à son expérience et ses connaissances encyclopédiques en matière d’ésotérisme. Les enfants jouaient au ballon, s’amusait avec des poupées et des peluches; Eden apprenait les rudiments de langages obscurs et démoniaques à la lumière d’une bougie chancelante. Pendant près de deux décennies, elle n’avait rien connu d’autre que les murs de pierres de l’immense bâtisse où l’ordre de Seth avait établi son quartier général. Les soirs de pleine lune, l’eau de la fontaine magistrale qui trônait dans la cour intérieure était remplacée par du sang, un liquide vital indispensable aux sacrifices. Baptisée par l’église de Satan, elle aurait du périr aux pieds du monument empoisonnée par sa propre décoction, à laquelle ils avaient tous succombé : cent quarante-neuf personnes inertes dont la dernière bouffée d’oxygène s’en était allée dans une expression d’incommensurable douleur. Sa survie n’était pas un hasard, Eden était l’élue; celle que forces obscures avaient décidé d’épargner afin qu’elle devienne leur messagère : porte-parole du démon. Le destin d’Eden était tragique, son histoire presque romanesque. Aussi, elle se faisait la plus discrète possible et évitait de s’étendre sur son passé extraordinaire mais sanglant. Chaque jour, elle craignait d’être accusée de sorcellerie et de voir débarquer, devant la porte de sa boutique, une nuée de religieux armés de fourches et chapelets prêts à la conduire au bûcher. « Vous avez peur maintenant. Votre coeur bat plus vite. » Habituellement, elle n’était pas dérangée lorsqu’elle s’enfonçait au coeur de la foret pour se livrer à ses rituels hérétiques. Personne n’était suffisamment dérangé pour s’aventurer sur ces terres inhospitalières en plein de coeur de la nuit. Sans qu’elle ne puisse véritablement l’expliquer, elle souhaitait dorénavant le mettre en confiance, parce qu’elle savait qu’il avait beaucoup trop vu pour un simple mortel et que si l’envie lui prenait de conter au monde son expérience, cela finirait probablement par lui porter préjudice. Elle ne voulait pas s’enquérir d’un ennemi supplémentaire, il manquait au coeur de son existence des individus ouverts d’esprit qui, même s’il ne la comprendraient jamais, l’accepteraient entre leurs bras. Une nouvelle famille, probablement plus saine que la seule qu’elle eut jamais connue. Des âmes brisées qu’elle aurait tout le loisir de réparer et qui, par leurs simples présences, souffleraient sur ses doutes et ses angoisses persistantes.

Un bruissement d’ailes et l’oiseau s’échappait vers la lune éclatante. Sans prendre le temps de la réflexion, elle avait établi avec le chasseur un contact physique intense, elle espérait provoquer sa fuite instante, sa disparition dans les profondeurs lugubres de la forêt mais, il avait été trop réceptif, terriblement concerné par les révélations. Description fugace des images qui hantent son esprit, bribes d’un passé tragiques qui s’enchevêtraient, ébauche d’un futur peu clément. La lame brillante d’un poignard argenté se dessinait sous le halo de la lune dans le but de sacrifier les lambeaux survivants de l’âme du pauvre mortel pour une cause supérieure. Volontairement, elle n’évoquait pas les risques susceptibles de rendre son existence encore plus pénible qu’elle ne l’était; il avait eu l’occasion de fuir et ne l’avait pas saisie. Les paupières closes, elle évaluait la pertinence de l’échange, il lui offrait neuf gouttes de sang, elle lui accordait une rédemption on ne peut plus discutable; la possibilité d’une vengeance, la solution fatale à ses problèmes existentiels. Une bourrasque dantesque s’agitait dans son dos, tout autour de l’autel de fortune. Il fallait rallumer les bougies dans l’urgence, affronter les éléments affolés, elle s’efforçait de le convaincre d’une simple prière qui prenait naissance dans ses pupilles mordorées. Par principe, elle refusait d’enfoncer des lames enchantées dans la peau d’innocents non consentants. Impatiente, elle le voyait disparaitre sous une montagne de pensées accablantes, un voile noir qui l’emmenait loin de l’instant présent, qui remuait le couteau dans des plaies qui n’avaient pas fini de cicatriser. Suspendue à ses lèvres, elle s’épuisait en voulant contenir la colère des démons invoqués, s’approchait d’un pas supplémentaire, son corps était bien là -au milieu de la clairière- mais son esprit s’était évaporé. « Dulcis Malorum Praeteritorum Memoria. » Dans sa langue maternelle, elle lui signifiait la douceur que pouvait revêtir les maux du passé et il sortait aussitôt de léthargie en saisissant subitement sa main. Un frisson l’envahissait, personne n’osait jamais initier le contact par crainte d’être contaminé par sa folie; un léger tremblement faisait osciller son palpitant qui découvrait la -chaleur humaine-. Enfin, son poignet se dessinait sous les lueurs de la lune, brillant, prêt à être blessé. Eden prenait une longue inspiration et gravait sa chair d’étranges symboles en murmurant une formule dans un langage incompréhensible dont seuls quelques occultistes avaient le secret. Son index glissait avec une douceur presque maternelle contre la plaie et l’arme tombait péniblement à ses pieds. Elle en portait une infime goutte contre ses lèvres et hurlait les derniers mots de sa malédiction pour que celle-ci ne se retourne pas contre eux. Un ultime effort, probablement celui de trop, lui fit perdre l’équilibre. Les genoux à terre, quelques convulsions agitaient son corps, le malmenait, Eden ne paraissait pas possédée : elle l’était. Elle sentait une nouvelle source de pouvoir s’immiscer dans sa chair, décupler sa force, accroitre sa magie et ses connaissances. Bientôt, le vent cessa complètement de souffler et, comme si elle était simplement endormie depuis tout ce temps, une des bougies de l’autel se ralluma; elle n’avait plus besoin de lutter contre les bourrasques, elle était libre de briller éternellement. Une dernière expiration puis le silence.

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I was born from original sin.
tu ne laisseras point vivre la magicienne. celui qui offre des sacrifices à d'autres dieux qu'à l'Eternel sera voué à l'extermination. ✻ (eden).
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