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 in the shadow of your heart. (waise)

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Sujet: in the shadow of your heart. (waise)   Ven 12 Jan - 13:54

“Je suis triste du jour où ils seront moins gais, je voudrais les y préparer, leur inoculer de la tristesse à petites doses, à l'homéopathie, je voudrais les vacciner contre la vie. ”
≈ ≈ ≈

Wade avait oublié à quel point on peut être vulnérable quand quelqu'un qu'on a aimé comme on aime le soleil finit par s'en aller. Il l'avait été pourtant si longtemps, à la mort de Maisy. Il lui avait fallu tout réapprendre de la vie et trouver d'autres raisons d'avancer puisque toutes celles qu'il avait eues jusque là s'étaient envolées. Lui, il avait trouvé Louise. Puis leur histoire achevée, il s'était retrouvé de nouveau drapé de vulnérabilité. Ce sentiment, il le hait, rêve de l'écraser chaque fois qu'il se prend les pieds dans l'absence de la jeune femme. « Je vais devoir partir... une urgence. Appelle-moi si t'as besoin de quoi que ce soit. » Il enfile son manteau avec hâte, enroule son écharpe autour du cou, salue son collègue et se précipite vers la sortie en attrapant au passage la grosse enveloppe marron qui traîne sur son bureau. Lui qui se sentait encore si vulnérable le matin-même a l'impression de sentir à nouveau son sang circuler partout dedans lui. Est-ce que c'est ça, ressusciter ? Est-ce que c'est être tombé si bas, tout au fond d'un gouffre duquel on n'aperçoit plus aucune lumière, est-ce que c'est avoir bouffé de l'obscurité et de la tristesse à tous les repas pendant des jours et se réveiller tout à coup avec l'envie d'avaler autre chose que cette idée de crever ? Wade atteint la rue et court pour attraper le premier taxi qui passe. C'est comme si, après avoir observé, résigné, le temps passer au ralenti, ce dernier reprenait enfin son court. Les secondes lui semblent tout à coup être des secondes à nouveau, et les aiguilles de sa montre se sont remises à tourner normalement. Il n'y a que son intérieur qui ne tourne toujours pas entièrement, mais aujourd'hui, Wade a choisi d'être optimiste : puisque l'heure passée lui semble déjà loin derrière et que Louise a répondu à son message, puisque le monde a recommencé à avoir une toute petite place dans sa tête, alors il est convaincu que, bientôt, la vie en lui arrêtera d'aller à contre-courant. L'idée du reste de sa vie sans Louise l'avait rendu si vulnérable, depuis leur dernière fois. En la laissant partir, il avait avait accepté de devoir tout recommencer à nouveau, de devoir gravir une deuxième fois l'échelle interminable du deuil. Mais il n'avait pas réussi. Il avait trouvé mille et une raisons de ne pas réussir et de se perdre avec elle. S'il avait fallu, il en aurait trouvé deux mille cent quarante-sept de plus. Sans elle, Wade est débraillé, et le manque d'elle abrase le peu de courage qui lui reste certains jours. Même s'il essayait encore et encore, même s'il se forçait, bâillonnait pour de bon l'idée de cette vie à deux, il est intimement convaincu que tout ça ne suffirait pas. « C'est ici, merci. Gardez la monnaie. » Wade tend un billet au chauffeur et sort de la voiture. Il la distingue à travers la vitrine, habillée dans un des ponchos qu'elle vend. Il prend le temps de la regarder et sourit doucement : cette fois, il n'avait oublié aucun détail de son visage qu'il s'était dessiné chaque nuit pour trouver le sommeil. Il la trouve tellement belle, là, à la fois concentrée sur son travail et perchée sur son nuage. Il réalise qu'il aime tout d'elle, même la fatigue qui pèse sur elle depuis que la maladie gagne du terrain. Il aime ses cris, ses rires, ses cheveux en bataille, ses insultes et ses mots tendres, cette envie furieuse de vivre et cette résignation à se laisser mourir. Il l'aime parce qu'elle est entière et que chaque fois qu'il retire une couche, il y en a une autre dessous à découvrir et apprendre. S'il le pouvait, Wade passerait le reste de ses jours à tenter de la lire et tout deviner d'elle. « Salut. » Il pénètre enfin dans la boutique mais ne trouve rien d'autre à dire. Ils s'étaient quittés pour de bon, la dernière fois. Il s'étaient quittés pour de vrai, pour tous les jours à venir. Est-ce qu'elle lui en veut d'être revenu ? Est-ce qu'elle est mieux sans lui qui traîne dans ses pattes ? « Tiens, ouvre. C'est pour toi. » Il lui tend l'enveloppe marron qu'il a emmenée jusque là sans un mot de plus. Dedans, Wade a placé le formulaire d'acceptation pour un essai clinique. Il a déjà tout rempli, a imprimé tout un tas de documents pour qu'elle se renseigne et les résultats des meilleures statistiques. Elle n'a plus qu'à signer. C'est pour ça que cette enveloppe pèse si lourd : Wade y a glissé tous leurs espoirs, toutes leurs promesses et ces volets bleus qu'ils voulaient pour eux. Il y a mis une photo de cette maison qu'il aimerait leur acheter, et la liste des prénoms de bébé qu'ils avaient faite à deux. Il y a mis leur vie passée et leur vie à venir puisque lui a choisi qu'il ne vivrait plus aucun jour loin d'elle.    

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C'est les photos en général, elles mentent, elles figent les mensonges pour toujours, elles les solidifient, et puis ce rire que j'affiche sur cette photo ne veut rien dire, rien, il n'a rien à voir ni avec le bonheur ni même avec la joie puisqu'on peut rire à un enterrement, on peut rire au bord d'un précipice, et que quand on rit c'est parfois juste qu'on est tout près de pleurer. — Wade à propos d'une photo de Louise et lui. (Lévy)

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Sujet: Re: in the shadow of your heart. (waise)   Lun 15 Jan - 22:50

La fatigue semblait être un peu plus intense chaque jour alors que la maladie gagnait en terrain. Elle sentait ses gestes s’alourdir, sa respiration ralentir comme si son corps cherchait à économiser le moindre souffle. Les tâches quotidiennes, comme le simple fait de faire les courses ou se promener dans ce parc pas loin de chez elle, devenaient délicates. Louise essayait de garder son énergie pour aller travailler, alors qu’elle dormait de plus en plus. Il lui arrivait parfois de sortir, lorsque ses amis l’y invitaient, mais ne restait plus de longues heures à se déhancher sur une piste de danse. L’envie ne manquait pas, pourtant, mais le corps, lui, ne suivait plus. La plupart du temps, Anastasie venait lui rendre visite. A l’appartement, souvent, au magasin ou bien à ses rendez-vous de kinésithérapie respiratoire avec Doyun parfois. Elles riaient beaucoup, comme toujours lorsqu’elles étaient ensemble, mais son rire était moins vif, moins éclatant. Pas parce qu’elle était malade. Ou peut-être que si. Malade d’amour. Et Wade lui manquait. Il lui manquait et lui seul pouvait l’apaiser. Pas même Anastasie, qui avait pourtant essayé plus d’une fois en passant quelques soirées à regarder des épisodes d’une série qu’elles connaissaient déjà par cœur, toutes les deux affalées dans son lit. Cette fois-ci, c’était vraiment terminé. Ce n’était pas un départ à la hâte, une rupture sous-entendue, un appartement vide le soir. Il l’avait quittée décemment comme elle aurait dû le faire plusieurs mois avant, sans en avoir le courage. Tout était devenu plus réel ce jour-là à l’hôpital, subitement. Comme un violent coup sur la tête, dont la douleur ne disparaitrait jamais vraiment. Elle serait toujours là quelque part, à l’image d’une cicatrice sur la peau, pour lui rappeler que sa vie partait en vrille. Qu’il n’y avait plus d’eux, plus d’avenir à deux. Que le cancer était vraiment de retour, décidé à lui faire la peau cette fois-ci. En s’éloignant de cette manière, Louise s’imaginait faire des folies, profiter du temps qui lui restait, vivre comme elle n’avait jamais vécu avant, condenser en quelques mois ce qu’aurait dû être une vie entière. Presque cinq mois après sa rechute, la jeune femme constatait avec amertume qu’elle était loin, très loin de ses objectifs. Et qu’elle n’était certainement pas prête de les atteindre. Alors quand son portable vibra dans sa poche, elle crut d’abord que c’était sa sœur, ses parents ou bien Doyun. Ça aurait pu être n’importe qui. Cette personne rencontrée au café la semaine dernière, la voisine du dessus pour lui apporter une lettre atterrie dans la mauvaise boîte aux lettres ou bien cet avocat avec qui elle avait pris rendez-vous pour préparer son départ. Ça aurait vraiment pu être n’importe qui. Elle ne s’attendait pas à ce que Wade la contacte de nouveau, alors qu’il avait été si clair la dernière fois. Ça lui avait mis un peu de baume au cœur mais elle appréhendait cette nouvelle entrevue, craignant que ça ne les enfonce un peu plus dans leur peine. Même Maria avait remarqué ce sourire sur son visage fatigué, à des lieues d’imaginer que sa petite infection pulmonaire n’en était pas vraiment une. Celle-ci lui avait plusieurs fois répété de se reposer, d’aller à l’arrière-boutique quelques minutes si vraiment ça n’allait pas. Elle lui avait même proposé des congés payés, qu’elle avait évidemment refusé. Elle aurait tout le temps d’être clouée au lit au moment venu.  

« Salut. » Elle lui adressa un petit sourire lorsqu’il entra dans la boutique, à la fois gênée mais tellement soulagée de le revoir enfin. Il semblait en forme, ce qui était plutôt rassurant. « Tiens, ouvre. C'est pour toi. » Elle finit par attraper l’enveloppe après l’avoir fixée deux ou trois secondes, intriguée, – effrayée ? – par ce qu’elle pouvait contenir. Alors elle balaya ses craintes avec quelques mots, peut-être pas les meilleurs, pour établir à son tour un contact. « Je ne m’attendais pas à te voir si tôt. » Elle commença à ouvrir l’enveloppe, puis reprit. « A te revoir tout court. » Elle en sortit une première feuille puis glissa son doigt sur celles restantes. Elle s’arrêta lorsqu’elle crut voir une photo, probablement un tract ayant un lien quelconque avec le cancer. "Vivre avec la maladie", "Cancer, il faut en parler", "Sport et Cancer, les bénéfices" et d’autres titres plus ou moins originaux.  A l’époque, ces papiers finissaient systématiquement en boule au fond de la poubelle (le plus souvent à côté), jetés de son lit. Un sourire s’afficha doucement sur ses lèvres en apercevant la fameuse maison aux volets bleus, mais disparut dès qu’elle tomba sur une liste de prénoms. « Wade… je- » Comme la dernière fois, Louise cherchait ses mots. Elle avait l’impression de ne plus savoir comment s’y prendre avec lui, tant leurs avis divergeaient.   « J’apprécie ce que tu fais, vraiment… mais on en a déjà parlé. » Et pourtant tous les papiers étaient prêts. « Tu sais que je ne veux pas de traitement. Encore moins un essai clinique. » Elle marqua une pause, chercha son regard avant de détourner le sien. « Et cette liste de prénoms, c’est... » Elle secoua doucement la tête, glissa une main dans ses cheveux. « La photo de la maison, pourquoi pas. Mais évoquer les enfants qu’on n’aura jamais… Vraiment ? » Elle se râcla la gorge, tenta de garder son calme pour ne pas s’effondrer comme la fois dernière. Ce n’était pas de la colère, ni de l’amertume. Elle était juste triste de le voir s’accrocher là où pour elle, il n’y avait plus aucun espoir. Et être triste la fatiguait beaucoup trop. « T’as décidé d’oublier mon dernier message ou juste de l’ignorer ? Je comprends plus rien Wade… » Elle lui tendit l’enveloppe. Elle en avait lu assez pour prendre sa décision. « C’est dans plusieurs mois. Qui te dit que je serai toujours là ? » Quelques mois seulement les séparaient de février et donc du pacte fait avec Anastasie L’envie de lui en parler, lui dire quelques mots lui traversa rapidement l’esprit. N’importe quoi pour revoir un sourire sur ses lèvres. Mais ça serait le risque de ne donner que de faux espoirs, rien de plus.


Dernière édition par Louise Mansfield le Mar 16 Jan - 21:33, édité 1 fois
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Sujet: Re: in the shadow of your heart. (waise)   Mar 16 Jan - 19:21

“ Ils ne demandaient rien d'autre que d'être heureux ensemble. Même pas heureux d'ailleurs, ils n'étaient plus si exigeants. D'être ensemble, c'est tout. ”
≈ ≈ ≈

« Je ne m’attendais pas à te voir si tôt. » Wade hoche la tête. « A te revoir tout court. » Lui non plus, à vrai dire. Il l'avait quittée pour de vrai, la dernière fois. Pour de vrai et pour toujours. A l'inverse de tous ces films dans lesquels les amants perdus finissent toujours par se retrouver, au coin d'une rue, au supermarché ou simplement vingt ans plus tard, lui s'était juré de ne jamais retrouver Louise. Pas parce qu'il s'imaginait être capable de finir sa vie avec une autre qu'elle, encore moins parce qu'il s'était convaincu de pouvoir faire des enfants à une femme qui ne porterait pas son nom à elle, mais parce qu'une deuxième rupture les aurait achevés sur le champ. Ca avait déjà été tant douloureux, la première fois.  Ils s'étaient séparés sans en avoir envie, sans en avoir la force et en sachant pertinemment que cela voudrait dire qu'il n'y aurait plus autant de couleurs sur Terre après eux. Ils étaient partis chacun de leur côté avec dans leurs poches le désir de passer tous les jours qu'il leur restait ensemble, à rire, se chamailler, se hurler dessus même. Et ils s'étaient mis d'accord sans l'être simplement parce qu'ils avaient compris ce qui se tramait pour eux deux : il leur restait trop peu de temps pour s'aimer, trop peu de temps pour accomplir tout ce qu'ils avaient prévu pour eux. Il ne leur restait presque rien, et s'ils n'essayaient pas de se remettre de ce presque rien tout de suite, ils ne s'en remettraient plus.   « Je... Je sais pas quoi te dire. Je veux pas que tu t'imagines que je t'ai quittée pour te blesser, tu comprends ? » Il est presque certain que cette idée ne lui est jamais venue à l'esprit, mais il veut s'en assurer quand même. Jamais il ne ferait en sorte de la blesser volontairement. Jamais. Même après son coup bas, même après son absence et cette haine qui a dévoré ses veines et puis son coeur avec. Il avait autant morflé qu'elle, en la laissant derrière lui. En les laissant derrière. Il avait cru ne jamais être capable de s'en remettre et il avait eu raison : on ne se remet pas de quelqu'un qu'on a aimé si fort, si violemment, si souvent qu'on y a dédié toutes nos secondes. Louise, il ne veut plus la laisser partir. Il veut courir après ses jours, courir après ses nuits, rattraper cette maladie qui la broie doucement et lui offrir une soixantaine d'années à deux, une soixantaine d'années où, chaque jour, il mettrait un point d'honneur à l'aimer comme la toute première fois, avec passion, dévotion, tendresse et puis désir. A l'aimer comme au début, quand il ne craignait pas que la nuit ne la fasse disparaître pour toujours. « Wade… je- » Wade attend nerveusement. Elle a ouvert enveloppe, il n'a pas dit un mot pour lui laisser le temps d'assimiler ce que tous ces papiers signifiaient. « J’apprécie ce que tu fais, vraiment… mais on en a déjà parlé. Tu sais que je ne veux pas de traitement. Encore moins un essai clinique. » Il cherche ses mots, en vain. Il craint tellement de choisir les mauvais, de la voir se refermer comme une coquille sur elle-même et de ne plus pouvoir l'atteindre ensuite. Il craint les phrases maladroites, celles qui, douloureuses, allumeraient des alarmes dans les yeux de Lou. Il craint aussi de lui dire l'essentiel, de lui dire qu'il ne veut plus perdre ce temps qu'ils n'ont pas, qu'il veut tout rafler du bonheur et qu'il aura le temps de crever quand elle ne sera plus là, quand il faudra faire le deuil d'elle, de son parfum et de ses caresses pour de bon, sans retour en arrière possible ni seconde chance envisageable. Il ne sait tellement plus comment s'y prendre avec elle, lui qui la connaissait pourtant sur le bout des doigts. « Et cette liste de prénoms, c’est... La photo de la maison, pourquoi pas. Mais évoquer les enfants qu’on n’aura jamais… Vraiment ? T’as décidé d’oublier mon dernier message ou juste de l’ignorer ? Je comprends plus rien Wade… C’est dans plusieurs mois. Qui te dit que je serai toujours là ?  » Il n'est pas surpris par sa réponse. Louise a toujours été cette nana dure à cuire, têtue comme une mule, et c'est aussi de ça qu'il est tombé amoureux. Si ça n'avait pas été elle en face de lui, il aurait probablement perdu patience, se serait emporté mais aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, il a envie que ça marche à nouveau entre eux deux. « Ecoute Lou... » Il reprend doucement l'enveloppe qu'elle lui tend et qui semble lui brûler les phalanges. Puis il attrape sa main, se délecte du frisson qui traverse l'intégralité de sa colonne vertébrale et la tire doucement vers le sol. Là, il la fait s'asseoir entre ses jambes à lui, de manière à ce que son dos effleure le torse de Wade. Puis il étale tous les papiers devant eux. Il murmure à voix haute les prénoms qui jonchent la liste qu'ils ont écrite ensemble, attrape son visage de la paume pour qu'elle puisse le regarder. « Je n'ai pas décidé d'ignorer ton message. J'ai essayé d'accepter. Je te jure que j'ai essayé de me faire à cette idée... mais me demander de te regarder mourir sans rien faire, vraiment ? Je peux pas, Lou. » Il n'est pas un superhéros, pas un connard non plus. Il est ce mec simple, qui est tombé amoureux d'une personne merveilleuse et ça, on ne pourra jamais le lui retirer. « Je sais pas si ça va fonctionner, et c'est vrai, t'as raison, je sais pas non plus si tu seras encore là en février, si il ne sera pas déjà trop tard. » Il hésite, prononcer cela à voix haute laisse un trou en lui. Il veut qu'elle soit là. Voilà ce qu'il veut. Il veut qu'elle soit là demain, dans un mois, dans un an. Il veut qu'elle soit là à leur mariage, là pour récupérer les clés de la maison de leur rêve. Il veut qu'elle reste là, les pieds bien encrés sur le bitume de Trois-Rivières parce que lui, c'est ici qu'il se trouve. Pas là haut, pas perché dans le ciel. Il est coincé en bas alors il a besoin qu'elle soit coincée ici elle aussi. Près de lui. « Je suis pas con, j'ai bien vu en arrivant que t'étais plus fatiguée que la dernière fois, plus pâle aussi. Et pourtant, je t'ai trouvée aussi belle. Aussi... toi. C'est égoïste, Louise. C'est égoïste mais je ne peux pas te laisser mourir sans avoir essayé de te sauver. Je veux laisser une chance à cette liste de prénoms. » Il souffle, c'est douloureux, de lâcher tout ça dans le vide. Ca prend beaucoup de place entre eux alors qu'il rêve seulement de la déshabiller et de lui faire l'amour là, sur le sol de cette boutique de ponchos. « Je veux te laisser une chance. » Il veut lui donner le bénéfice du doute, il veut croire en elle et se dire qu'elle peut y arriver, qu'elle peut s'en sortir et rajouter de la vie à ses jours. Il veut lui laisser une chance d'être la femme de sa vie, la femme de ses nuits, la femme de ses colères et celle de ses silences. Et s'il y croit suffisamment fort et suffisamment tout le temps, peut-être que ça finira par arriver. Peut-être qu'elle guérira et que tout cela ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Il n'a que ça pour s'accrocher, de toute façon. Cet infime espoir de la voir un jour sur les photos de cette famille qu'ils auront construit à deux. Ensemble, c'est tout.        

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Sujet: Re: in the shadow of your heart. (waise)   Mar 16 Jan - 21:33

« Je... Je sais pas quoi te dire. Je veux pas que tu t'imagines que je t'ai quittée pour te blesser, tu comprends ? » Evidemment qu’elle comprenait. Wade n’avait jamais été le genre d’homme à vouloir faire du mal à quelqu’un délibérément. Plutôt le contraire, il essayait sans arrêt de rendre le monde de ceux qu’il aimait meilleur. Et ce métier pour lequel il travaillait si dur était la preuve qu’il se souciait même de ceux qu’il ne connaissait pas. « Ne t’en fais pas pour ça. » Une petite partie d’elle-même se réjouissait de sa présence ici, qui montrait bien qu’il tenait toujours à elle. Malgré ce qu’elle lui avait fait subir, ces mois de silence et les nombreux mensonges. « Ecoute Lou… » Il lui prit la main et elle la serra un peu plus fort, se laissant emporter par ce dernier sans même essayer de résister. Cette sensation de légèreté lui avait tellement manquée, que rien n’était impossible. Le revoir remettait en doute ses choix, auxquels elle s’accrochait beaucoup trop fort, mais lui apportait également le réconfort dont elle manquait cruellement. Parce que son absence lui pesait et que sa simple présence ici suffisait à rabaisser toutes les barrières instaurées au fil des jours, toujours plus hautes, plus difficiles à franchir. Cette emprise qu’il avait sur elle n’était pas une faiblesse, mais plutôt une véritable chance. « Je n'ai pas décidé d'ignorer ton message. J'ai essayé d'accepter. Je te jure que j'ai essayé de me faire à cette idée... mais me demander de te regarder mourir sans rien faire, vraiment ? Je peux pas, Lou. » Devant elle s’étalait le futur qu’ils pourraient avoir à deux, si seulement elle acceptait la possibilité qu’il en existait un. Mais la peur primait sur tout. Celle de s’autoriser à vivre de nouveau, faire des projets qui risqueraient bien de ne jamais se concrétiser. Elle hocha doucement la tête, sentit ses yeux s’humidifier et inspira profondément pour essayer de reprendre son calme. « Avoir essayé c’est déjà beaucoup, merci. » Sa voix était brisée, comme trop souvent ces derniers temps. Mais le moment était peut-être venu de suivre enfin son coeur et pas uniquement ce que lui dictait sa raison. « Je sais pas si ça va fonctionner, et c'est vrai, t'as raison, je sais pas non plus si tu seras encore là en février, si il ne sera pas déjà trop tard. » Elle l’écoutait prononcer ces paroles qui semblaient lui écorcher les lèvres. Difficile de ne pas remarquer la douleur dans ses yeux alors qu’il admettait à son tour que le futur était beaucoup trop incertain. Et ça la déchirait encore plus, toujours plus, parce qu’elle était incapable de lui ôter cette angoisse, de l’apaiser comme lui le faisait si bien avant. « Je suis pas con, j'ai bien vu en arrivant que t'étais plus fatiguée que la dernière fois, plus pâle aussi. Et pourtant, je t'ai trouvée aussi belle. Aussi... toi. C'est égoïste, Louise. C'est égoïste mais je ne peux pas te laisser mourir sans avoir essayé de te sauver. Je veux laisser une chance à cette liste de prénoms. » Elle resta silencieuse, le regard plongé dans le sien, s’accrochant à tout ce qu’elle pouvait pour ne pas s’y perdre totalement. « Je veux te laisser une chance. » Elle souriait, mais ça la détruisait intérieurement. Cette situation, elle la détestait. Elle détestait cette putain de maladie, elle détestait ce cancer qui se répandait en elle, qui détruisait tout sur son passage. Elle voulait hurler, hurler le plus fort possible et crier à l’injustice. Tout casser autour d’elle. Et recommencer. Recommencer jusqu’à ce qu’elle n’ait plus mal. Louise crut un instant que toute cette colère allait s’échapper, se libérer mais ce ne fut pas le cas. Les tremblements de ses lèvres finirent par se calmer, et son corps entier se détendre. « Ah ça. C’est la soirée d’hier. Je ne tiens plus aussi bien l’alcool apparemment. » Elle se sentait idiote, tellement bête avec cette tentative d’humour ratée, alors que la situation ne s’y prêtait clairement pas. C’était soit ça, soit une énième crise de larmes. Louise aurait presque voulu que ce mensonge soit vrai. Mais elle n’était pas sortie la nuit dernière, parce qu’elle n’en avait pas eu la force. Ni l’envie. « Pas assez dormi. » Trop dormi, plutôt. Ce surplus de sommeil l’assommait. Et ce ton enjoué qu’elle se donnait sonnait terriblement faux. Tout déconnait en elle, elle passait par tous les états, toutes les émotions sans pouvoir se maîtriser. Elle se demandait si ses nombreuses sautes d’humeur étaient liées aux tumeurs, ou si c’était simplement un ras-le-bol général. Elle mettrait ça sur le compte de l’exaspération, n’acceptant pas le fait que la maladie ne la contrôle plus qu’elle ne le devrait. « Belle même avec cette allure ? » Elle eut un rire mi-moqueur, mi-désespéré, suivi d'un soupir. Qui trouverait une silhouette de ce genre jolie ? Tout le maquillage du monde n’arriverait pas à cacher les cernes sous ses yeux, ou les vêtements à habiller ce squelette qu’elle était devenue. « Donne-moi un peu de temps s’il-te-plaît... » Ce temps qu’elle n’avait pas, pourtant si précieux. Un peu de temps pour donner une chance à la vie, qu’elle décide à sa place. Elle se rendait bien compte qu’elle lui en demandait trop, encore une fois. Au final, ce n’était qu’une histoire de timing et elle espérait que l’univers se tournerait enfin de son côté. Parce qu’elle se rendait finalement compte qu’elle voulait vivre, vivre des dizaines d’années de plus. « Est-ce que tu resterais à mes côtés ? » demanda-t-elle enfin, comme pour lever ce doute qui la tiraillait. La réponse serait certainement positive, mais elle avait besoin de l’entendre de vive voix. « Si on choisissait de profiter du temps qu’il nous restait, que ce soit trois mois ou cinq ans ? » Avec ou sans traitement ? se retint-elle d’ajouter, mais l’insinuant ouvertement. « Quelle que soit l’issue de tout ça, tu seras là ? » Elle prit son autre main, la scella à la sienne. Le quitter une fois de plus était insupportable. Les deux fois précédentes étaient déjà les tentatives de trop. S’ils restaient ensemble, ce serait jusqu’au bout. « Je… je pensais pouvoir tenir le coup, en m’éloignant de toi. La vérité, c’est que c’est tout le contraire. » Elle lança un regard vers le sol, là où s’étalait le contenu de l’enveloppe. Dans cette liste se trouvait déjà le prénom qu’elle imaginait pour leur future fille et celui qu’elle préférait pour un petit garçon. Ce serait mentir que de dire qu’elle n’avait pas déjà imaginé leur petite famille au coin du feu les jours d’hiver, ou s’amuser dans leur jardin au retour du printemps. Mentir à Wade et mentir à elle-même. « Tu me manques Wade. Tu me manques et... et si me donner une chance signifie qu’on décide de ne plus se quitter, alors je la prends. » Vivre follement, apprécier chaque instant n’y changerait rien, puisque ce sentiment de manque ne disparaîtrait jamais. Elle avait besoin de lui, plus que personne. Lui et ses étreintes réconfortantes, lui et ses baisers, lui pour tout ce qu’il était. « Et je t’aime. » Pour la première fois depuis longtemps, elle avait décidé d’être sincère. De dire tout haut ce qu’elle s’efforçait d’étouffer chaque jour. « Et j’ai peur... » Elle craignait de les abandonner, de partir un soir et de ne plus jamais les revoir. Est-ce que la Mort viendrait la prévenir ? L’inciterait à rester un peu plus longtemps dans ce canapé, à rire, pleurer, se remémorer certains instants entourée de ses proches. Est-ce qu’elle le sentirait ? Ou au contraire, est-ce que ça la prendrait par surprise ? La mort l’effrayait, elle avait peur d’avoir mal, physiquement mais aussi mentalement. Elle appréhendait sa réaction, leur réaction et devoir accepter le fait que c’était fini, vraiment fini, qu’elle ne reverrait plus jamais ces personnes qu’elle aimait tant. Elle avait peur de tomber dans l’oubli, n’être plus qu’un nom pour certains, de vagues souvenirs pour d’autres et une photo accrochée au mur. Et Louise avait surtout peur de ces personnes qu’elle laisserait derrière. De l’horreur que vivraient ses parents, Anastasie ou bien ses amis. De ce sentiment de vide constant que ressentirait Wade, ce vide qui finirait peut-être par s’estomper un jour, mais qui ne le quitterait jamais vraiment. Louise ne représentait peut-être qu’une infime poussière dans l’immensité de l’univers et pourtant, sa fin marquerait la fin de beaucoup d’autres. Et cette idée-là, celle d’emporter une partie de ces êtres chers avec elle, la terrifiait bien plus que la mort en elle-même.

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Sujet: Re: in the shadow of your heart. (waise)   Dim 28 Jan - 15:47

“ Speeches won't be made today, clocks will carry on, flowers won't be left in parks, work will still be done. People won't be dressed in black, and babies will be born, no flags will fly, the sun will rise, but we know that you are gone, you who love to love, and believed we can never give enough... ”
≈ ≈ ≈

« Avoir essayé c’est déjà beaucoup, merci. » Louise fait un minuscule pas vers lui, imperceptible aux yeux de tous mais pas à Wade. Il décèle une ouverture, là, dans sa voix, une ouverture qui mène tout droit à ce coeur qu'il a si souvent écouté battre lorsqu'il pouvait encore reposer sa tête sur sa poitrine devant un film ou simplement pour discuter. Elle le remercie et il trouve dans ces remerciements un certain réconfort, la preuve qu'elle le comprend encore un peu et qu'elle n'a jamais douté de ses bonnes intentions. Parce que Wade a vraiment essayé. Pas pour lui, mais pour elle. Si tout ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait fait demi-tour quinze minutes après l'avoir quittée pour lui interdire de partir, pour lui interdire de sortir des sentiers de sa vie. Il aurait tout envoyé valser dans la pièce jusqu'à ce qu'elle accepte, terrorisée, de ne plus mourir. Mais il ne l'avait pas fait, il s'était enfermé dans un box et avait hurlé. Il avait hurlé contre la vie, contre la mort, contre ce destin qui frappe n'importe où mais surtout chez lui, pour retirer les gens auxquels il tient. Il avait hurlé contre tout et contre tout le monde. Elle avait été la seule épargnée, il avait mis un point d'honneur à la laisser indemne cette fois-ci. Wade avait essayé, de toutes ses forces. Il avait essayé de respecter les choix de Louise et de passer à autre chose. Il s'était même laissé aller dans les bras d'une autre un ou deux soirs, mais il s'était chaque fois réveillé plus triste que la veille en découvrant que ce n'était pas elle sur l'oreiller voisin. Encore aujourd'hui, il ne sait pas ce qui est le plus dur : se réveiller seul ou se réveiller auprès de quelqu'un qui n'est pas Louise. « Ah ça. C’est la soirée d’hier. Je ne tiens plus aussi bien l’alcool apparemment. Pas assez dormi. » Il hoche la tête, interdit. Il devine qu'elle lui ment sans trop de problèmes. En l'observant, il reconnaît facilement les symptômes souvent associés à sa maladie. Elle flotte désormais dans ses vêtements, et les poches sous ses yeux sont une preuve tangible de la fatigue qui gagne du terrain en elle. « Belle même avec cette allure ? » Wade hoche la tête à nouveau, avec sincérité. Il la trouve jolie même avec cette allure, aussi loin qu'il s'en souvienne, il l'a toujours trouvée jolie. Même quand ils n'étaient que des gamins et qu'elle était déjà malade. « Même maintenant. Même demain et même dans dix ans si on a un peu de chance. » Si elle vit jusque là, il est certain qu'il la trouvera toujours aussi splendide. Qu'elle flotte dans ses vêtements ou qu'elle les remplisse, qu'elle ait encore ses cheveux ou qu'elle soit chauve. Louise, elle est belle dehors parce qu'elle est surtout resplendissante dedans. Là où les autres femmes qu'il avait connues avaient toujours eu un défaut inacceptable, un truc qui fait que ça finissait toujours par ne plus coller, il n'avait rien trouvé chez Louise, même en cherchant bien. Elle est profondément gentille, chaque parcelle d'elle se met à vibrer quand elle donne un coup de main, elle rit mieux que les autres parce qu'elle sait que ce n'est pas donné à tout le monde, elle virevolte et danse plus délicatement aussi. « Est-ce que tu resterais à mes côtés ? » Même là, il la trouve mieux que toutes les autres, elle qui s'éteint pour le laisser s'illuminer un peu. « Si on choisissait de profiter du temps qu’il nous restait, que ce soit trois mois ou cinq ans ? Quelle que soit l’issue de tout ça, tu seras là ? » Derrière ce mot de seulement deux lettres, derrière ce "ça" se cachent tellement d'horreurs, tellement de teintes sombres et de moments douloureux à venir. Wade sait que ce n'est que le début, que ce qui est déjà insurmontable n'est rien qu'un minuscule caillou et que derrière il y aura des montagnes infranchissables. Il sait que ça va être dur, trop dur, qu'ils vont beaucoup pleurer, crier, qu'ils vont hurler de douleur et que parfois ils vont prier pour que ça s'arrête. Il va y avoir la terreur, la peur, l'enchaînement des mauvaises nouvelles et des jours sans, l'espoir toujours écrasé et qui finira probablement par disparaître complètement. Wade regarde Louise et il sait qu'un jour viendra où il sera fatigué de la regarder, fatigué même de l'aimer depuis tout ce temps et de l'aimer encore si fort. « Oui. » Peut-être même qu'il finira par regretter d'avoir dit oui aujourd'hui, qu'il se sera trompé sur l'importance de cette décision et qu'il aura eu tord de croire qu'il était suffisamment fort pour tout ça. Pour Louise vivante, pour Louise morte et Louise entre les deux. « Je… je pensais pouvoir tenir le coup, en m’éloignant de toi. La vérité, c’est que c’est tout le contraire. Tu me manques Wade. Tu me manques et... et si me donner une chance signifie qu’on décide de ne plus se quitter, alors je la prends. Et je t’aime. Et j'ai peur... » Mais pour l'instant, Wade se contente de laisser l'incendie irradier tous ses os. Louise lui demande de revenir et il n'y a que ça qui compte. Ca fait tellement longtemps qu'ils n'ont pas été sur la même longueur d'onde tous les deux, tellement longtemps qu'ils marchent sur deux trottoirs opposés sans avoir le courage de traverser la route pour se retrouver, peu importe ce que se retrouver signifie vraiment. Louise est encore là, lui aussi, qu'importe le reste. Qu'importe les batailles à venir, celles qu'ils vont perdre sans essayer et celles qu'ils perdront même en s'étant battus de toutes leurs forces. Wade le sait, il y aura de toute façon plus d'échecs que de réussites, plus de souffrance que de délivrance. « Moi aussi je t'aime. » Il l'embrasse fébrilement parce qu'il a une boule en travers de la gorge mais qu'il refuse de penser à tout ce qui viendra après aujourd'hui, à demain, quand ils auront fini de se retrouver et qu'il faudra commencer à se battre pour de vrai. « Et moi aussi j'ai peur. » finit-il par murmurer en glissant son index sur le nez de celle qu'il aime. « Je crois même que j'ai jamais eu autant la trouille. J'ai peur de te perdre. » Il a peur aussi de ne pas la perdre, mais ça, il ne le lui dit pas. Wade a peur que Louise ne guérisse jamais vraiment, qu'on la pense en rémission puis qu'ils découvrent un matin qu'elle est à nouveau remplie de métastases. Il a peur de ne jamais se réveiller de ce cauchemar, de la forcer à faire des chimiothérapies qui ne la feront jamais vivre pour de bon. Il a peur de devoir se prendre tous les jours les pieds dans une Louise en train d'essayer de survivre au lieu de vivre. Et peur que tout ça soit de sa faute. Les coups durs, les disputes, les "on en serait pas là si tu m'avais laissée crever" qu'il devine déjà, au loin, encore tapis dans l'ombre. « Tu vas pas regretter, hein ? » Il souffle difficilement, glisse ses doigts dans les cheveux de la jeune femme, se laissant aller à ses pensées. « Tu vas pas regretter que ce soit moi et pas un autre ? Parce que tu sais, on va se s'engueuler très fort, toi et moi... » Il inspire doucement avant de finir en s'étouffant dans les yeux de Louise, brillants autant que les siens. « Alors je préfèrerais être sûr que tu veux que ce soit avec moi. »       

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C'est les photos en général, elles mentent, elles figent les mensonges pour toujours, elles les solidifient, et puis ce rire que j'affiche sur cette photo ne veut rien dire, rien, il n'a rien à voir ni avec le bonheur ni même avec la joie puisqu'on peut rire à un enterrement, on peut rire au bord d'un précipice, et que quand on rit c'est parfois juste qu'on est tout près de pleurer. — Wade à propos d'une photo de Louise et lui. (Lévy)

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 in the shadow of your heart. (waise)

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